San Jacinto National Battleground State Historical Park

L'indépendance du Texas


situation


A la limite de Houston, à une trentaine de kilomètres du centre de la ville, là où Buffalo Bayou entre dans la rivière San Jacinto, se trouve le champ de bataille où le Texas gagna son indépendance. Sam Houston commandait les troupes texanes : il captura Antonio Lopez de Santa Anna Perez de Lebron, le général dictateur mexicain qui s'intitulait lui-même "le Napoléon de l'Ouest".

L'armée des volontaires texans est un assemblage hétéroclite de Texians, américains implantés au Texas depuis quelques années, d'Américains et de Tejanos, les Mexicains nés au Texas. Beaucoup de ces Tejanos ont opté pour l'indépendance, plutôt que de subir la dictature centraliste de Santa Anna. Chez ces soldats volontaires, les hommes élisent leurs officiers et les suivent : ces derniers, sans expérience militaire pour la plupart, contestent souvent les ordres de Houston. Ainsi, une bonne partie de l'armée est plus souvent disposée à obéir à ses idées du moment et à ses sentiments plutôt qu'à une stratégie, voire même au simple bon sens. Au total, 800 à 900 hommes : un régiment. Les Mexicains entraînés, équipés, organisés, disciplinés, sont près de 7000 au Texas, mais Santa Anna n'est ce jour là qu'à la tête d'une avant-garde de 800 hommes et officiers, qui vient d'être renforcée par 500 soldats arrivés la nuit précédente sous la conduite du général Cos. Pour les Texans, Santa Anna, c'est le dictateur sanglant qui n'a fait aucun quartier à l'Alamo, celui qui a fait massacrer de sang-froid les quatre cents prisonniers désarmés du presidio La Bahia, à Goliad.

Jusqu'ici, Houston a semblé fuir devant l'armée mexicaine : il manque tellement d'hommes entraînés que, matin et soir, il doit battre lui-même sur un tambour le réveil et l'extinction des feux. Comble de misère, pendant de nombreux jours, l'armée a été encombrée de réfugiés qui fuyaient l'avance mexicaine et qu'elle a du aider, encadrer et nourrir. A San Jacinto, dans les prairies du ranch de Peggy McCormick, Sam Houston va se battre.

Les deux armées campent face à face. La veille, un premier affrontement a eu lieu. Les Texans ont résisté à l'assaut des Mexicains ; à la nuit, chacun s'est replié vers son camp, distant seulement de 900 mètres du bivouac ennemi.

Matin du 21 avril 1836 : l'armée texane se forme en ligne de bataille. Houston et ses officiers tiennent conseil.

"Faut-il attaquer ? Les Mexicains ont l'avantage du nombre : une bataille défensive serait plus efficace."

Cependant, quelques rares officiers prônent l'attaque...

Midi passe, puis deux heures. A trois heures de demi, le conseil de guerre se décide pour une bataille défensive. Sauf Houston : les hommes sont là, en position depuis le matin, prêts pour l'action... Ils veulent de l'action ! Houston va leur en donner !

De son coté, Santa Anna a vu les Texans se mettre en ligne et ne plus bouger. Peu à peu, dans le camp mexicain, l'attention se relâche. Raisonnant probablement comme les officiers texans, Santa Anna se persuade que l'ennemi attendra qu'il attaque. Les troupes arrivées dans la nuit sont fatiguées : autant qu'elles se reposent. Demain, il donnera l'assaut, avec des hommes en bonne condition. Peut-être d'autres renforts arriveront-ils entre temps... Le campement se détend : les hommes font la cuisine, mangent, somnolent, réparent leur équipement. Le Généralissime, dira-t-on plus tard, faisait la sieste avec une esclave mulâtre enlevée dans une ferme des environs. Il n'a même pas fait poster de sentinelles.

Les Texans se mettent en marche. Jusqu'à la moitié du chemin, ils avancent en ligne, au son d'un fifre et d'un tambour. Puis l'excitation reprend le dessus : la ligne se déforme, se brise... Un colonel mexicain les voit. Trop tard ! Les canons, de part et d'autre, échangent deux ou trois tirs. A soixante mètres du camp ennemi, Houston parvient à arrêter ses hommes, juste assez longtemps pour faire tirer une salve sur l'ennemi affolé... Puis c'est la mêlée, à l'arme blanche : "Remember the Alamo", "Remember Goliad". Les Tejanos, dont les frères et les cousins sont morts le 6 mars reprennent le cri en Espagnol : "Recuerden El Alamo".

Les Mexicains surpris se débandent, malgré les efforts de quelques officiers. En dix-huit minutes, le sort la bataille est réglé, mais le massacre continue pendant plus d'une heure.

- "Remember the Alamo", "Remember Goliad"...

Les Texans n'auront que huit morts et vingt-quatre blessés. Plus de six cents cadavres mexicains jonchent le champ de bataille : on les laissera là, en proie aux charognards. Houston prétend qu'ils sont du ressort de Santa Anna. Celui-ci ne s'en préoccupe pas plus que des centaines de Mexicains et d'Américains qu'il a fait tuer en d'autres circonstances.

Le jour du 22 avril se lève. Sam Houston repose sous un arbre : dès le début de la bataille, une balle lui a brisé deux os de la jambe droite et sectionné le tendon d'Achille. Malgré la douleur, il est resté à cheval pendant l'action, et continue de commander.

Soudain, on entend les cris de prisonniers mexicains : "El presidente, el presidente". Santa Anna, en fuite, s'est perdu, a tourné en rond, et a passé la nuit caché dans l'herbe près des marais. Une expédition de chasse vient de le retrouver. Pour n'être pas reconnu, il a tenté de se déguiser : malgré la chemise de soie cousue de diamants qu'il a conservé sous une veste misérable, il a réussi à convaincre les Texans qui l'ont trouvé qu'il n'est qu'un simple officier. Mais ses propres hommes, involontairement, viennent de le trahir : on le conduit au général Houston, qui l'interroge. Chez plus d'un Texan, l'envie de l'exécuter sur-le-champ est forte. Plus subtil, Houston l'envoie au gouvernement provisoire, qui lui fera signer la reconnaissance d'indépendance, et l'enverra à Washington dire que le Mexique ne prétend plus à la souveraineté du Texas.

L'obélisque et le bassin qui marquent le champ de
      bataille

L'obélisque et le bassin qui marquent le champ de bataille (12/99)

Cent ans plus tard, l'Etat du Texas construisit un obélisque de 170 mètres sur le champ de bataille. La colonne est située entre les emplacements de deux camps, marqués par des stèles, et se reflète dans un grand bassin. Moyennant quelques dollars - le prix de l'ascenseur, on accède à une plate-forme d'observation, à 148 mètres de haut, d'où on a une vue panoramique sur les marais d'eau saumâtre, les canaux, et une partie des innombrables raffineries du port de Houston : à proximité de la ville se trouvent 25% des capacités de raffinage des Etats-Unis.

Les marécages qui bordent le champ de bataille   Dépôts pétroliers et raffineries. Au fond, le Houston downtown

Les marécages qui bordent le champ de bataille (12/99)

Dépôts pétroliers et raffineries. Au fond, la silhouette de Houston downtown (12/99)

Sous la colonne, un musée montre les portraits et les uniformes de protagonistes, les objets de la vie à l'époque mexicaine, et même une pointe de hallebarde française, découverte dans les environs de San Antonio. Comment avait-elle échoué là ?

En suivant le bassin, on parvient à un petit cimetière, où sont enterrés des combattants de San Jacinto, de la Guerre de Sécession, et d'époques ultérieures. En face, dans une darse du Buffalo Bayou, est arrimé le Battleship Texas. Lancé en mai 1912, il fut le seul cuirassé américain à traverser les deux guerres mondiales : il était aux débarquements d'Afrique du Nord, de Normandie, de Provence, d'Hiroshima et d'Okinawa. Long de 174 mètres, il fut le premier navire recevant à son bord un avion. Il était équipé de dix canons de 350, six de 125 mm, dix de 75 et de 40 mm, et 44 canons de 20 mm. Il a résisté aux attaques des kamikazes japonais. Il avait 1810 hommes d'équipage et, en le visitant, on ne peut s'empêcher de se demander comment tant d'hommes pouvaient tenir à bord, confinés ensemble pendant des mois et des mois en mer.

Photo du battleship Texas

Un des plus grands cuirassés ayant existé. Désarmé en 1948, il fut offert par la Navy à l'état du Texas. (12/99)


Temps minimum :

Site officiel du park :  http://www.tpwd.state.tx.us/spdest/findadest/parks/san_jacinto_battleground/


COMMENT Y ALLER :

Accès depuis l'aéroport international le plus proche :

  • Houston situé à 40 km à 1 heure(s) de route.

ORGANISER VOTRE VOYAGE :

FAIRE DES CADEAUX :


LIVRES : cliquer ICI (ou cliquer sur un titre).

FILMS : cliquer ICI (ou cliquer sur un titre).


[Haut de page]

Lava Beds Badlands Canyon de Chelly Coachella Valley Del Rio Organ Pipe Carlsbad Caverns Petrified Forest Torrey Pines Fort Apache El Morro Waco Billet d'avion Reno USA Sioux Hollywood Carrizo Plain Wyoming Arizona Doc Holiday OK Corral Sud Dakota Grimes Point Nevada Photos Saguaro Tuzigoot Grand Staircase Sunset Crater Rocheuses Rintintin Apaches Jim Bowie Badlands