
Situé sur Big Cypress Bayou, un affluent de la Red River, ce lac a une histoire : une légende indienne raconte que, pressentant un désastre, un chef fit déménager son camp de la vallée sur les hauteurs. La vallée fut envahie peu après par les eaux. En 1811, un tremblement de terre secoua le centre des Etats-Unis, presque du Canada jusqu'au Mexique : il est possible qu'il soit à l'origine d'un affaissement au Texas. Mais tel qu'il apparut aux Américains, qui vinrent peu après, le lac Caddo était une retenue naturelle : un immense barrage de troncs d'arbres, renforcé d'une accumulation formidable de terre, de branches, de vase, de racines formait un radeau de 160 kilomètres de long sur la Red River, élevant le niveau de l'eau au point de créer un lac sur son affluent et d'y permettre la navigation de gros bateaux.
L'économie du Texas se développait. L'Etat devait exporter sa production, et importer ce qui lui manquait. Le lac, via la Red River en aval du bouchon, puis le Mississippi, procurait un accès aisé à la fois vers la mer et les Etats industriels du Nord. A cette époque, les chemins de fer étaient encore peu développés, et le gros des marchandises voyageaient sur des chariots, limités en capacité, lents et donc coûteux. Une ville portuaire se créa au bord du lac : Jefferson devint le terminus des vapeurs et fut bientôt le second port du Texas, après Galveston. La ville était riche de ce commerce : les marchandises, les équipements, le coton, le bétail, le bois coupé dans la grande forêt qui couvrait la région, les hommes, tout transitait ici.
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Les vieilles maisons n'ont pas changé depuis plus d'un siècle (06/00) |
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Mais la voie ferrée avançait. Jay Gould, le magnat texan, vint proposer à Jefferson de devenir un terminal de la Texas-Pacific. Ne percevant pas l'intérêt d'associer les deux moyens de transport, la ville refusa. Est-ce sous la pression des chemins de fer ? En 1873, le Génie fit sauter le barrage de troncs à la dynamite, inventée depuis peu. Le niveau du lac baissa brutalement : Jefferson se trouva au sec, la vie s'arrêta ! Plus d'activité, plus de commerce... Les gens s'en allèrent vers des endroits plus prospères : en quelques mois, Jefferson était vidée de 90% de sa population.
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Une ambiance particulière (06/00) |
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Mais elle ne devint pas une ville fantôme : c'est au contraire un endroit fort agréable, que le progrès a complètement évité. Bed & breakfasts, restaurants et antiquaires, installés dans des maisons dont l'architecture n'a pas changé depuis l'abandon de la ville, rivalisent pour attirer les chalands. A Uncertain (si, si, c'est un village !), on peut prendre passage sur un bateau à aubes et faire un tour sur le lac. La proximité du "State Park" attire suffisamment de monde pour que la ville en profite. Mais les jours de semaine, lorsque seule la faible population de 2600 habitants est là, la ville paraît déserte aux rares visiteurs.
Au début du XXme siècle, on construisit un barrage sur le bayou, pour maintenir un plan d'eau suffisant pour transporter les lourds équipements pétroliers qui arrivaient dans la région. Le petit lac couvre 12 800 hectares. C'est un assemblage de bayous, de hauts-fonds, de marais et d'eau libre, où abonde la faune : alligators, bien sur, mais aussi tortues, ratons laveurs, castors et l'inévitable armadillo. Les oiseaux aquatiques y pullulent, et 71 espèces de poissons y vivent, dont la gar alligator, qui peut y atteindre deux mètres quarante et 120 kilos.
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Traversée de tortues. (06/00) |
En effet ! (06/00) |
Le "State Park" ne couvre que 200 hectares. La route donne accès à une rampe à bateaux, près de laquelle on peut admirer les curieuses excroissances des racines de cyprès d'eau, qui émergent de l'eau brune entre les grands troncs. La lumière qui joue sur l'eau des hauts-fonds accentue l'attrait du paysage.
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Les cyprès chauves de Caddo Lake (06/00) |
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Ces excroissances ne sont pas des souches mais, d'après les savants, des noeuds destinés à renforcer les racines (06/00) |
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Un tronçon de route mène à une grande pièce d'eau où s'avancent des pontons. L'épaisse végétation des versants fait une couronne chevelue à l'étang couvert de nénuphars. Peut-être surprendrez-vous le vol rapide d'un anhinga, l'oiseau-serpent qui nage sous l'eau à la poursuite des poissons et les pique de son bec en stylet. Une fois qu'il se confond avec la végétation, il devient presque impossible de le distinguer. Le matin ou le soir, lorsque la lumière verticale n'écrase pas les ombres et les reliefs, lorsque les reflets scintillent entre les plages de végétation, lorsque les animaux sont actifs, Caddo Lake est un bien bel endroit.
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Les pontons, pour pêcher et se prélasser (06/00) |
Reflets à la tombée du jour (06/00) |
Attention toutefois ! La forêt abrite des serpents : soyez attentifs si vous sortez des chemins. Si vous disposez d'un bateau, suivez les chemins balisés, et rentrez avant la tombée du jour : quelques-uns ont déjà passé la nuit dans leur barque, perdus dans le dédale des mares et des bayous. Et n'oubliez pas d'avoir avec vous un anti-moustique : au bord des marécages...
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Végétations aquatique (06/00) |
De grands arbres poussent sur les pentes qui entourent le lac (06/00) |
Temps minimum : ¾ heure
Site officiel du park : http://www.tpwd.state.tx.us/spdest/findadest/parks/caddo_lake/
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© et crédit photos : America dreamZ.
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