Dallas


situation


Dallas est probablement connue dans le monde entier : la célèbre série américaine s'est chargée d'en propager le nom, et on voit toujours, dans certains pays, JR dans des publicités. Si vous venez du nord, vous pourrez, au prix d'un léger détour, passer par le ranch de South Fork, résidence de la famille Ewing, à Plano. Quelques vaches paissent encore devant la maison, mais les banlieues gagnent du terrain, et le ranch sera probablement bientôt rejoint. Pourtant, il est à environ 35 kilomètres du centre de la ville. Rien de surprenant à ce que le pauvre JR soit devenu un peu aigri, s'il devait faire le trajet en voiture tous les jours dans les embouteillages !

ranch des Ewing

L'entrée du ranch des Ewing (06/00)

Dallas est bien la ville du pétrole, car si les puits sont répartis un peu partout au Texas et dans le Golfe du Mexique, si les raffineries sont concentrées sur la côte, et beaucoup d'entre elles à proximité de Houston, les sièges sociaux sont ici. La banque, l'assurance, le commerce de gros et les salons commerciaux complètent les bases de l'activité. La ville est également réputée pour ses manifestations culturelles : musées, théâtres, opéra offrent des spectacles quotidiens. Malgré cela, au premier regard, la ville donne une impression de dureté, comme si elle n'était concentrée que sur les affaires.

dallas   Maison dans Colorado Street

De vieux bâtiments subsistent à coté des tours (06/00)

Maison dans Colorado Street (06/00)

 

Reunion Tower

Reunion Tower (06/00)

Mais Dallas "downtown" mérite une visite. Il y a, d'abord, en plein coeur de la ville, cette institution étonnante au pays des malls géants et des hypermarchés : Farmers Market. Ce n'est pas un cas unique : San Antonio, par exemple, a aussi le sien. Les étals se succèdent dans une grande halle ouverte, tenus dans leur grande majorité par des familles d'origine hispanique. Les marchandises sont présentées de chaque coté d'une allée centrale où entrent les voitures pour stationner à proximité des étalages. Sur les tables, on trouve surtout des fruits et des légumes, du miel, aucun produit industriel, peu ou pas de viandes ou de charcuteries, probablement soumises à une réglementation incompatible avec la vente en plein air. Pas d'intermédiaires : c'est bien le marché des fermiers, où près de 1000 viennent vendre leur production. Les produits sont offerts par lots, dans des barquettes et non au poids. Le goût est-il meilleur qu'au supermarché ? Peut-être ! En tous cas, les produits ne sont pas passés par la chambre froide, et les client se renouvellent à un rythme rapide.

Farmers Market Farmers Market

Farmers Market et ses étals colorés (06/00)

 

Farmers Market   Farmers Market


A quelques centaines de mètres se trouve Pioneer Plaza. Si vous aimez la sculpture figurative, il faut aller la voir. Si vous aimez la sculpture monumentale, il faut aller la voir. Et si vous n'aimez pas du tout la sculpture, et bien allez-y quand même, car vous n'aurez pas ailleurs l'occasion de contempler ça : en plein centre de la ville, soixante-dix vaches à longues cornes, moulées dans le bronze, grandeur nature, menées par trois cow-boys du même métal, descendent une colline et traversent le ruisseau qui s'en écoule. Chaque vache est différente. Chaque attitude varie. Naturel, le mouvement du troupeau est là, ainsi que celui des hommes au travail qui le mènent. Vues de loin ou de près, d'en haut ou d'en bas, en perspective ou en détail, ces vaches là ont tout l'air d'être vraies, comme soudain sorties d'un western, ou du temps jadis.

Dallas   Dallas


 

Dallas Dallas

Le souvenir de ce qui a été une des premières richesses du Texas (06/00)

Le Musée du 6ème étage (6th Floor Museum) évoque des souvenirs plus tragiques. C'est d'une fenêtre d'angle du sixième que Lee Harvey Oswald tira sur John Fitzgerald Kennedy, dont la voiture s'éloignait déjà de ce bâtiment, un dépôt des livres scolaires. Alors que les cinq premiers niveaux sont occupés par une administration, tout le sixième étage a été transformé en musée. Il décrit la campagne électorale où était engagé Kennedy, les circonstances de l'assassinat, et le meurtre, deux jours plus tard, d'Oswald par Jack Ruby, qui mourut lui-même avant la fin de son jugement.

A 43 ans, en 1960, Kennedy avait été élu d'une courte majorité contre Richard Nixon, pour succéder à Dwight Eisenhower. Un jeune président pour une jeune Amérique : près de la moitié de la population avait moins de 25 ans. Lors de son discours inaugural, il dit : "Faites passer le mot... que le flambeau a été transmis à une nouvelle génération d'Américains".

S'appuyant sur la culture de l'Ouest, il proposa aux Américains une " Nouvelle Frontière ", que l'on a souvent assimilé à la conquête de l'espace. Marcher sur la lune n'en était qu'un des éléments. Derrière ces deux mots, il y avait une plus grande reconnaissance de l'humanité : suppression de la discrimination raciale, aide aux pays en voie de développement, amélioration de la lutte pour la santé et l'habitat, lutte contre le grand banditisme, protection de l'environnement... Les mots ont changé, les crises sont venues mais aucun des thèmes n'a vieilli.

Kennedy était riche, talentueux et passait pour vouloir améliorer le sort des petits. Jeune et sympathique, il avait un dessein; sa femme Jacqueline était élégante et belle : ils plurent au monde entier.

Le monde, à l'époque, se divisait en deux : l'Occident libre, et le bloc communiste. La lutte d'influence entre Etats-Unis et Russie soviétique n'alla pas sans déboires. Un point culminant fut l'affaire de la Baie des Cochons, en 1961 : aidés par les Etats-Unis, des anti-castristes tentèrent d'envahir Cuba, où Fidel Castro venait de prendre le pouvoir. Cet échec coûta cher à Kennedy, mais sa popularité survécut. La guerre au Viet-Nam allait commencer. Déjà, plusieurs milliers de conseillers militaires américains étaient au Sud-Vietnam. Ensuite, lorsque Kroutchev parla d'installer des bases de missiles nucléaires à Cuba, Kennedy sut résister. De plus en plus, il s'affirmait comme un grand président.

De nouvelles présidentielles devaient avoir lieu en 1964. En novembre 1963, Kennedy se rendit au Texas, accompagné du Vice-Président, Lyndon Baines Johson, lui-même Texan originaire du Hill Country, pour une visite des cinq grandes villes : Houston, San Antonio, Austin, Fort Worth et Dallas. Dans cet Etat plutôt conservateur, malgré ses réformes d'avant-garde, il reçut un accueil enthousiaste. Sur le trajet qui les menaient à travers le centre-ville, vers un déjeuner de 2 600 couverts, 200 000 personnes s'étaient assemblées pour voir passer le président et son épouse, assis à l'arrière d'une voiture découverte à trois rangées de sièges ; devant eux, le gouverneur du Texas et Madame ; à l'avant, le chauffeur et un garde du corps. Le vice-président Johnson et sa femme Claudia suivaient dans une autre voiture.

L'attentat ne dura que quelques secondes : la limousine venait de tourner de Main dans Elm Street. Elle roulait à faible vitesse lorsqu'un coup de feu retentit. Impensable ! Ceux qui l'entendirent crurent à un bruit d'échappement, ou un pétard. Un second coup éclata : visiblement, Kennedy et le gouverneur Connally venaient d'être touchés. Six ou huit secondes après le premier coup, un troisième tir atteignit Kennedy à la tête, faisant éclater la boite crânienne. Le chauffeur, qui avait instinctivement ralenti après le second coup de feu, accéléra brutalement, et la voiture disparut sous le viaduc de chemin de fer. Il était midi et demi. De l'hôpital où on l'avait transporté, les médecins proclamèrent le décès de John Kennedy à 13h00.

Dallas

Oswald a tiré de la fenêtre à droite au dernier étage. La voiture de Kennedy était engagée dans la rue où tourne le van (06/00)

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La voiture dans laquelle JFK a été assassiné (11/06)

Deux minutes plus tard, un policier, accompagné du directeur de l'établissement, trouva Lee Harvey Oswald au réfectoire du Dépôt de livres scolaires. Le directeur reconnut son employé, et Oswald quitta les lieux. Cinquante minutes plus tard, la police de Dallas l'arrêtait pour le meurtre d'un policier en patrouille dans le quartier où il logeait.

Oswald n'avait que 24 ans, mais il avait eu le temps d'être Marine, de passer en Union Soviétique où il avait travaillé quelques temps, et de revenir aux Etats-Unis avec une épouse russe. Dans ce monde divisé par les idéologies et la Guerre Froide, il présentait toutes les caractéristiques d'un gauchiste pur et dur. On l'avait vu à l'heure du meurtre dans le bâtiment d'où les coups de feu semblaient être partis. On y avait retrouvé un fusil dont il s'avéra plus tard qu'il lui appartenait, et trois douilles vides. Pourtant, pendant les 45h30 qui lui restaient à vivre, Oswald nia sans cesse être l'assassin. Le Dimanche 24, Jack Ruby, un patron de boite de nuit, qui avait des liens avec la Mafia, tira sur lui avec un revolver dans les locaux mêmes de la police. Oswald ne survécut que de deux jours au président Kennedy.

Jack Ruby prétendit qu'il avait fait cela pour épargner à Jackie Kennedy l'épreuve d'un témoignage au procès d'Oswald. Il fut lui-même condamné à mort, mais fit appel. Atteint d'un cancer, il mourut en 1967, avant le début de son second procès.

L'ancien Palais de Justice

L'ancien Palais de Justice est devenu "Visitor Center" (06/00)

La mort d'Oswald semble avoir mis fin à toute chance de connaître la vérité. Avait-il agi seul ? S'agissait-il d'un complot et, dans ce cas, fomenté par qui ? Lyndon Johnson, le nouveau président, intérimaire puis élu, nomma une commission d'enquête. Après dix mois de travail, celle-ci, qui avait omis d'examiner les photos et radiographies du président défunt, conclut que trois coups avaient été tirés depuis le Dépôt de livres. La première balle avait manqué son but, la seconde avait touché Kennedy dans le dos, traversé son cou et blessé Connally, et la troisième atteint JFK à la tête. D'autres commissions vinrent ensuite, examinant la possibilité de tirs provenant d'ailleurs que du Dépôt de livres, celles de complots fomentés par Cuba, ou les Américains anti-castristes, la Mafia, les Russes... Certaines apportèrent quelques rectifications aux conclusions de la première, mais aucune ne parvint à un résultat radicalement différent. L'ouverture récente des archives du KGB n'amena pas d'élément nouveau.

Vingt ans après le meurtre, même si l'opinion publique américaine pensait en majorité que la lumière n'avait pas été faite sur l'attentat et ses causes, elle était également convaincue qu'il ne servait plus à rien de financer des enquêtes qui ne menaient à rien. De nombreuses personnes continuent pourtant de chercher, et certaines sont persuadées qu'Oswald n'était pas l'assassin. Peut-être un jour la lumière complête sera-t-elle faite sur cet attentat.

Dealay Plaza, où eut lieu l'assassinat, se trouve sur l'emplacement de la première maison de Dallas, bâtie en 1841 par John Neely Bryan. Reconstruite, cette simple cabane se trouve aujourd'hui à l'angle de Main Street et Record Street, mais était en 1963 sur Dealey Plaza, à coté du Palais de Justice du Comté, devenu depuis le "Visitor Center", ou Syndicat d'initiative. En continuant sur Main vers le centre-ville, vous arriverez au "West End Historic District", un quartier d'affaires ancien, réaménagé pour recevoir clubs, restaurants et magasins.

Au sud se trouve le champ de foire, Fairpark, qui rassemble plusieurs musées, un aquarium et un foirail aux bestiaux.

fairpark   fairpark


fairpark

Fairpark (06/00)


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