
Ne cherchez pas dans un dictionnaire de géologie : Alibates n'est pas le nom d'un minéral courant ! Ali Bates, cow-boy de son état, résidait dans les environs : il n'a donné son nom qu'aux silex locaux. Quelques dizaines de kilomètres au nord d'Amarillo, dans un paysage désertique au bord des Hautes Plaines, là où le plateau se précipite vers la vallée de la Canadian, les indiens venaient extraire les silex dans lesquels ils confectionnaient leurs armes et leurs outils.

La vallée de la Canadian et le lac Meredith (06/00)
Sur 26 km2, la silice a cristallisé dans les cavités des dolomies, formant des roches compactes, dures, colorées par les oxydes métalliques : le fer a donné des rouges et des roses, le manganèse des verts, le cobalt des gris-bleus. De façon étonnante, des rognons de couleur différente voisinent dans le même gros bloc.

Les silex dans leur gangue (06/00)
Des lignes parallèles de ton différent parcourent la silice et lui donnent un aspect esthétique. Durs, beaux, relativement facile à travailler, ces silex étaient prisés des indiens : ils s'échangeaient dans les Grandes Plaines et le Sud-Ouest, jusqu'au Golfe du Mexique. Les cent soixante-quatorze puits connus _certains datent de 12 000 ans, se trouvent tous au bord du plateau. Ils ne furent jamais très profonds (le lit de silex lui-même ne dépasse pas 1.80 mètre d'épaisseur), et sont en grande partie comblés par les éboulements et la végétation.

Ce silex aux rayures caractéristiques porte les traces des éclats qu'on fait sauter les indiens (06/00)
Une civilisation de fermiers qui vivaient dans des maisons de lauzes s'était installée ici. Les bâtiments les plus importants, rares, atteignaient cent pièces. Les plus courants n'en avaient qu'une ou deux. Ces indiens étaient-ils cousins des Pueblos du Nouveau-Mexique ? Des Caddoes du Mississippi ? On constate en tous cas leur présence de la moitié du XIIme à la fin du XVIme siècle. Probablement chassés par l'arrivée des indiens nomades, Kiowas, Comanches et Apaches, ces fermiers adoptèrent le cheval et devinrent les Pawnees, ou peut-être les Wichitas.
Alibates ne se visite que l'été, de la fin de mai au début de septembre. Le parc n'est pas aménagé : la visite est obligatoirement accompagnée d'un ranger. Seulement 3000 visiteurs y viennent chaque année : 350 fois moins qu'à Mesa Verde. Pourtant, même sans être un spécialiste, il est émouvant de se trouver dans ce désert, au milieu de silex où l'on voit toujours les traces du travail d'hommes vieux de centaines ou de milliers d'années, alors que le seul signe de civilisation est la cabane des rangers, visible de quelques rares points de vue.

Le paysage désolé d'Alibates (06/00)
Cette solitude immense, le vent qui emporte par bribes les commentaires du guide, évoquent une époque lointaine où ce lieu désolé grouillait d'animation et résonnait des chocs des outils de pierre.
Non loin, à Fritch, un sympathique petit musée présente quelques aquariums, les dépouilles d'animaux empaillés et une belle collections de pointes de flèches et d'outils.

L'aigle chauve, avant l'âge adulte. (06/00)
Temps minimum :
- Alibates Flint Quarries National Monument : 1 heure
- Lake Meredith Aquatic & Wildlife Museum : 1/2 heure
Site officiel du park : http://www.nps.gov/alfl/index.htm
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