Les Grandes Plaines du Texas


LA COTE


Il y a 20 000 ans, d'immenses glaciers couvraient le nord du continent. Le niveau des océans était plus bas. Les estuaires de l'époque sont devenus les grandes baies de Galveston, Matagorda, Lavaca, San Antonio, Corpus Christi...

galveston bay

La profonde échancrure de la baie de Galveston(03/99)

Il pleuvait beaucoup plus. Une forte érosion déplaçait de grandes quantités d'alluvions qui s'accumulaient pour former de nouveaux rivages et faisait avancer la côte à l'intérieur du Golfe. Le temps est devenu beaucoup plus sec : l'érosion a diminué considérablement, et les barrages retiennent une bonne partie de la matière emportée par les fleuves. Les courants marins remanient les sédiments libres, qui forment sur toute la longueur de la cote texane un cordon littoral d'îles de quelques kilomètres de large. La plus grande, Padre Island, a 185 kilomètres de long. Si l'on prend en compte tous les détours de la côte, îles, anses, baies, sa longueur développée atteint 3400 kilomètres, pour un arc de moins de 600 kilomètres. Le cordon littoral est lissé par des courants de surface dont le sens change avec les saisons. Les marées sont faibles : à peine 45 centimètres en moyenne, sauf lorsque la mer est prise par un ouragan. Alors, l'eau peut monter de plusieurs mètres et submerger les îles et une partie de la côte.

Le cordon littoral

Le cordon littoral (07/99)

Manquant désormais de matière première, la côte est rongée par la mer. En certains points, elle régresse de façon mesurable, et des tronçons de route ont déjà disparu. Seuls le Rio Grande et le Mississippi sont assez puissants pour construire un delta.

Cette côte imbriquée d'iles et d'estuaires, où la transition entre Golfe et terre ferme est souvent marécageuse, est une véritable bénédiction pour la faune, en particulier les oiseaux que le climat subtropical attire pendant les mois d'hiver : bécasseaux, pélicans, aigrettes, spatules, hérons, ibis, oies et autres oiseaux plus petits y vivent en quantités inimaginables. Sans compter un résident permanent, l'alligator ! La côte texane, très peuplée, est en même temps protégée par de nombreux parcs régionaux et réserves naturelles où peuvent se réfugier tous ces animaux.

La côte au Wildlife Refuge d'Aransas   Une dizaine de hérons

La côte au Wildlife Refuge d'Aransas (12/99)

Une dizaine de hérons (chaque point clair) s'abritent du vent derrière les roseaux.Au fond, la ligne des toits.Sur la route, la circulation est intense et il y a une usine chimique à moins d'un kilomètre (12/99)

Le climat subtropical n'a pas que des charmes : le contact des masses d'air froid venues du nord avec l'air chaud méridional engendre de puissants ouragans qui peuvent causer des dégâts considérables. Indianola, grand port au XIXme siècle, a complètement disparue. Galveston, n'était le dynamisme de ses habitants, aurait eu le même sort. Lorsqu'un cyclone menace, en particulier à cause de la forte montée des eaux qu'il peut entraîner, les habitants évacuent vers l'arrière-pays : certaines routes sont organisées pour cette circulation particulière.

Evacuation Road   intracoastal WW

En cas d'ouragan... (06/00)

L'Intracoastal Waterway longe toute la côte du Golfe (12/99)

La circulation des marchandises est facilitée par un long canal, l' "Intracoastal Waterway", partie naturel, partie aménagé, qui court à l'intérieur des terres, parallèle à la côte de la Floride jusqu'au Mexique.


LES FORETS DU NORD-EST


Au Texas, les précipitations sont directement liées à la longitude : alors qu'il tombe 1400 mm d'eau à Orange, à la frontière de la Louisiane, les chutes de pluie diminuent régulièrement vers l'Ouest pour n'être plus que de 200 mm à El Paso. L'influence de la latitude, des reliefs, et même de la proximité du Golfe est beaucoup moins marquée.

Dans les terres plates et mal drainées de l'est, où l'eau abondante tend à séjourner, les rivières sont doublées de bayous, anciens bras morts devenus indépendants où l'eau s'écoule avec lenteur, et de "sloughs", successions de mares périodiquement asséchées, qui ne communiquent que par les suintements souterrains et lorsque les rivières sont en crue. Les grands arbres couvrent la région : près de l'eau, ce sont les cyprès chauves et les tupelos, spectaculaires par les cônes aigus de leurs racines hérissées au-dessus du sol. Dans les zones plus élevées, hêtres, pins et magnolias dominent. La nature du sol, la lumière qu'il reçoit, créent des biotopes si variés que l'administration fédérale a décidé de les protéger de l'exploitation forestière par de grandes enclaves réunies sous le nom de "Big Thicket National Preserve" : en moins de 150 ans, plus de 90% de la forêt avaient disparus.

Caddo Lake Big Thicket

Marécages et grandes forêts du Texas oriental (06/00)

En allant vers l'ouest, la forêt s'éclaircit. La hauteur des arbres diminue. Les cultures s'installent entre les haies. A 200 kilomètres de la frontière louisianaise, le long de la route, les arbres ne sont bientôt plus qu'une barrière qui masque les près et les champs.


LES PLAINES CENTRALES


Si, jusqu'à la longitude de Houston, la végétation est dominée par les arbres, à l'ouest de la métropole commence une région exploitable par l'agriculture : selon que le terrain est plan ou vallonnée, il est occupé par les champs ou les près.

long horns   Eolienne

Elevage de longhorns près d'Independance (06/00)

Végétation luxuriante, près de Mexia (03/99)

La végétation est riante. Une herbe d'émeraude couvre le sol. On a le sentiment d'une immense richesse naturelle. Dans les zones plus sèches, un taillis naturel alterne avec les prairies. Il est composé d'épineux, et surtout de mesquite, un arbuste de quelques mètres qui règne sur la région. Ces zones sont consacrées à l'élevage extensif.

buzzards   bishop

Le taillis (en espagnol : matoral). Un vol de vautoursnoirs abandonne la carcasse d'une biche (03/99)

Labours au sud-ouest de Corpus Christi (12/99)

Ces plaines s'arrêtent à l'ouest de Dallas, dans une zone qui va du nord de la métropole à Abilene.


LES PLAINES OCCIDENTALES


Il y a 250 millions d'années, une chaîne de montagnes prolongeait les Appalaches et les Ouachita jusqu'à la région moderne de Big Bend. Le continent nord-américain et l'Europe étaient contigus : vers l'est, cette chaîne formait le Massif Armoricain, le Massif Central, les Vosges et la Forêt Noire. Entre elles et les Rocheuses ancestrales _celles qui ont précédé les montagnes actuelles, une mer intérieure couvrait le Texas et une bonne partie des Plaines. Les montagnes, arasées par l'érosion, disparurent et furent recouvertes par les sédiments arrachés aux Rocheuses modernes. Au Texas occidental, ces mêmes terrains relativement récents ont (déjà !) disparu et ce sont les sédiments anciens qui forment le sol. Ce changement dans la nature du terrain s'ajoute au climat moins pluvieux pour modifier de nouveau le paysage : la prairie naturelle est de plus en plus souvent remplacée par le maquis, et là où il y a assez d'eau, ce sont de grands champs de céréales et de coton. Les limites de ce bassin apparaissent aujourd'hui à l'ouest de Dallas et s'arrondissent au sud vers Abilene et le Llano Estacado.

Champs   cultures

Au sud de Wichita Falls (06/00)

A l'est de San Angelo (07/99)

En s'approchant des Hautes Plaines, le relief devient un peu plus marqué, et la région porte le nom de "Rolling Plains".


LES HAUTES PLAINES


Celles-ci ont été, en quelque sorte, surajoutées au terrain qu'elles dominent : il s'agit des sédiments descendus des Rocheuses depuis que celles-ci ont commencé de s'élever, il y a 80 millions d'années.

Du sud du Texas au Wyoming, elles forment une sorte de glacis, coupé seulement par deux rivières venues des Rocheuses, la Canadian et la Platte. Une couche de calcite dure _le Caprock, le protège de l'érosion et les Hautes Plaines régressent d'est en ouest en formant une falaise. La South Platte et la Pecos, à l'ouest, l'ont entamé et détachent les Hautes Plaines des Rocheuses. La falaise (Caprock Escarpement) est profondément entaillée par les canyons des cours d'eau qui naissent sur le Plateau : la Red River, la Brazos et la Colorado.

La Canadian, au nord du Nouveau-Mexique et du Texas, coupe nettement les Hautes Plaines en deux : la partie méridionale porte le nom de Llano Estacado, mythique pour les amateurs de westerns et de romans. C'est un immense plateau qui déborde sur le Nouveau-Mexique : 400 km du nord au sud et 275 d'est en ouest. Il est presque parfaitement plan, avec une légère pente vers le sud-est, et rien, ni colline ni arbre, ne limite l'horizon. Son sol n'aurait pratiquement aucune valeur si ses flancs ne renfermaient une immense nappe phréatique fossile qu'éleveurs et fermiers vident petit à petit.

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Les nombreuses "playas", étangs semi-permanents,sont une caractéristique du Llano Estacado (07/99)

Irrigation sur le Llano (03/99)

 

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Le pétrole du "Permian Basin" (03/99)

Il en va bien différemment du sous-sol : à l'époque où la mer recouvrait la région, les matières organiques s'accumulèrent au fond du bassin. Comprimées, réchauffées à l'abri de l'oxygène, elles furent peu à peu transformées en pétrole, et le Bassin Permien _du nom d'une période géologique, fut l'une des plus grandes réserves d'or noir au monde avant la découverte des champs pétrolifères du Moyen-Orient. Aussi voit-on sur le Llano plus de pompes, de derricks de forage et de réservoirs que d'arbres, qui n'y poussent que dans les rares vallonnements.

Le Llano Estacado, avec toute sa platitude, peut paraître déprimant ! Mais la haute falaise qui, à l'est, le sépare des Plaines, nommée "Caprock Escarpment", recèle des paysages étonnants. Certains sont protégés dans des State Parks, comme le Canyon de Palo Duro, mais on peut trouver des endroits charmants le long des petites routes qui courent le long de la falaise.

Caprock   tournesols

La barrière du Caprock Escarpment (06/00)

Tournesols au pied du Caprock Escarpement (99/03)

LA BASSE VALLEE DU RIO GRANDE


La première caractéristique de la vallée du Rio Grande, c'est son occupation tricentenaire par les Hispaniques, qui profitèrent de l'eau et des fertiles plaines alluviales pour installer villages et cultures. La très grande majorité de la population reste de souche hispanique.

Durant son passage à travers le désert de Chihuahua, les rives du fleuve sont quasiment aussi désertes que le reste de la région. Mais dans la basse vallée, une succession de villes et de villages abrite une population croissante, attirée par les industries de transformation qui s'installent de plus en plus nombreuses sur la rive mexicaine du fleuve.

rio Veleno   Los Ebanos

Marécage au confluent du Rio Veleño et du Rio Grande (12/99)

Cultures dans la plaine alluviale (12/99)

 

Los Ebanos-cimetiere

Cimetière coloré de Los Ebanos (12/99)

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