Histoire du Texas

Fait particulier dans l'Histoire des Etats-Unis, le Texas est le seul état qui ait été souverain. Son accord de rattachement à l'Union prévoit même qu'il pourrait reprendre son indépendance, acquise sur le Mexique à la victoire de la San Jacinto, le 21 avril 1836. Sans aide directe des Etats-Unis ni d'aucune autre nation : les Texans avaient conquis un territoire immense et vierge contre une nation puissante et organisée. Partis quinze ans plus tôt de presque rien, ils durent se débrouiller seuls pour organiser l'Etat, financer son existence, et ils y parvinrent ! Ensuite, l'arrivée en grands nombres d'immigrants venus d'Europe autant que des Etats-Unis s'associa aux traditions hispaniques pour modeler l'esprit de cette jeune nation. L'esprit d'entreprise et la confiance en eux-mêmes des Texans héritent de ces temps.

Le peuplement américain initial vint des états du sud. Le climat de la côte autorisait la culture de la canne. Plus loin du Golfe, c'était le coton. Comme un prolongement de ce qui se faisait ailleurs, malgré l'opposition initiale des gouvernants mexicains, le Texas devint un état esclavagiste. Pourtant il est aussi un état de l'Ouest, et on distingue un Texas occidental du Texas oriental. La frontière, mal définie, se connaît au changements de paysage et d'ambiance, dans une zone qui passe par Laredo, San Antonio, Austin, Waco et Fort Worth.

L'histoire moderne du Texas commence en 1684. René Robert Cavelier de la Salle, ce Français qui, le premier, a descendu le Mississippi, essaye d'en retrouver l'embouchure par mer. Perdu, il met à terre sur la côte texane et y installe provisoirement sa colonie. Portée par la rumeur, la nouvelle déclenche une expédition des Espagnols d'Amérique, théoriquement maîtres du territoire mais qui ne l'ont jamais occupé. Lorsqu'ils arrivent, _cinq ans ont passé, les Français sont morts ou partis, mais pour juguler toute tentative venue de la Louisiane voisine, en 1690, ils établissent leurs premières missions au Texas oriental.

En 1803, Napoléon profite de ses victoires sur l'Europe pour rendre la Louisiane à la France : le territoire s'étend sur tout le bassin occidental du Mississippi, jusqu'aux Montagnes Rocheuses, à l'exception, au sud, de régions aux frontières mal définies revendiquées par l'Espagne. Les treize colonies qui, quarante-cinq ans plus tôt, ont formé les Etats-Unis, se sont développé en vingt-quatre états, sans compter les territoires partiellement occupés qui ne sont pas encore entré dans l'Union. Les Américains poussent dans toutes les directions où ils pensent pouvoir vivre : l'Empereur, se sentant incapable de conserver la propriété de ces contrées si éloignées de la France, vend la Louisiane aux Etats-Unis.

Dix-huit ans plus tard, le Mexique acquiert son indépendance. Inquiets de la pression expansionniste américaine, les Mexicains croient y faire barrage en autorisant la colonisation du Texas par des étrangers : il suffit à ceux-ci de jurer fidélité au Mexique et d'adopter la religion catholique. Mais presque tous les colons viennent des Etats-Unis : si une partie d'entre eux s'en tient à son serment, beaucoup poussent à l'indépendance.

C'est inconsidéré : le Mexique a un gouvernement, des ressources et une armée aguerrie ! Mais devant l'attitude dictatoriale et centralisatrice du nouveau président, Santa Anna, la révolte gronde. La révolution éclate. Une série de défaites s'ensuit pour l'armée texane : la chute de l'Alamo, puis le massacre de Goliad anéantissent pratiquement l'armée. Le gouvernement provisoire est en fuite. Santa Anna croit la partie gagnée, mais sa cruauté déclenche l'indignation jusqu'en Europe : les volontaires arrivent en masse, du Texas et des Etats-Unis ! Sam Houston, stratège, tacticien et servi par la chance, gagne la bataille de San Jacinto, où il capture Santa Anna : la révolution a réussi !

Le Texas devient une république. Elle se rattache aux Etats-Unis en 1845. Le Mexique n'a jamais vraiment admis cette perte territoriale. Pire ! Texans et Américains situent la frontière sur le Rio Grande, alors que les Mexicains la veulent 250 km au nord, sur la Nueces : c'est la guerre ! Les Etats-Unis prennent Vera Cruz et Mexico. Ils s'approprient, mais les payent, les territoires qui forment aujourd'hui le Nouveau-Mexique, l'Arizona, la Californie, une partie du Colorado et de l'Utah et, pour le Texas bien sur, les terres entre la Nueces et le Rio Grande.

Lorsque les états du sud entrent en sécession, le Texas se joint à eux, malgré l'opposition de son gouverneur Sam Houston, qui démissionne, et le vote négatif d'une importante partie des comtés. Les nordistes bloquent les côtes : une grande quantité de coton du sud transitera par le Texas vers le Mexique pour gagner l'Europe, tandis qu'armes et machines prennent le chemin inverse. A la fin de la guerre, le sud est ruiné. Les soldats rentrent chez eux. Leurs terres, abandonnées pendant quatre ans, sont en piteux état. Livré à lui-même, le bétail s'est abondamment reproduit : de grands troupeaux d'animaux redevenus sauvages errent en liberté dans le taillis.

Le nord industriel se peuple rapidement d'immigrants européens. Il a besoin de viande. Le convoyage de troupeaux n'est pas une nouveauté pour les Texans, mais le phénomène prend une ampleur inégalée. Les cow-boys poussent des milliers de bêtes sur la piste de Chisholm. Elles vont à Abilene Kansas, le terminus " bétailler " inventé par un négociant de l'Illinois, Joseph McCoy, où elles prennent le train vers le nord.

Au début du XXme siècle, la découverte de pétrole ne révolutionne pas l'économie texane : il n'y a pas de demande. Mais le développement de l'automobile fait exploser la consommation. De découverte en découverte, le Texas deviendra l'un des premiers producteurs mondiaux. De nombreux champs de pompes sont toujours actifs, mais ils nécessitent de l'énergie pour l'extraire l'or noir, qui jaillissait tout seul aux premiers temps de l'exploitation.

L'économie du Texas s'est fortement diversifiée : médecine, informatique, industries pharmaceutiques, aéronautiques et spatiales, et le tourisme voisinent avec les feed-yards où sont engraissés les bovins. Soixante-dix pour cents des 18 millions d'habitants vivent dans cinq grandes conurbations. Le Texas conserve de grandes étendues sauvages, dans l'Ouest en particulier, mais aussi le long de la côte, où sont établies des réserves pour la faune sédentaire et les nombreux oiseaux migrateurs.

Géographie du texas

Avec 678 600 km2, le Texas est 23% plus grand que la France métropolitaine. El Paso, à près de 1300 km de la frontière louisianaise, est plus proche du Pacifique que de l'Atlantique. Du nord au sud, 950 kilomètres séparent Denison de Brownsville.

On imagine souvent le Texas comme une grande plaine monotone. La Beauce, en plus grand que la France ! La réalité est différente. A 230 kilomètres de la côte, les Plaines sont coupées par le " Balcones Escarpment " : le long d'une série de failles parallèles s'échelonne des petits plateaux dont l'altitude croît progressivement vers le Plateau d'Edwards. Cet escalier forme la région du " Hill Country ", dont le relief haché, les cours d'eau et les villages hauts en couleur attirent les vacanciers. A l'ouest des Balcones émerge du plateau calcaire une pittoresque région granitique qui charme et surprend.

L'ouest de la Pecos est marqué par les reliefs du Basin & Range et le désert de Chihuahua. L'alternance de chaînes élevées, le plus haut sommet du Texas dépasse 2600 mètres, et de bassins désertiques, dans cette région très peu peuplée, crée un nouveau décor, étonnant et varié. La pureté de l'air y est extraordinaire, et la vue s'étend à des kilomètres.

Le nord-est est occupée par les Hautes Plaines, le Liano Estacado, une région incroyablement plate séparée des (basses !) plaines par une falaise dont la hauteur atteint 240 mètres. Presque partout sur le Llano, la vue s'étend à 360°. Les prairies ponctuées d'étangs, secs une partie de l'année, alternent avec les cultures. Sauf à proximité des habitations, il n'y a pas d'arbres : seuls dépassent les pompes à pétrole, leurs réservoirs, et les silos. Les terres rouge sombre, orange et jaune de la falaise sont entaillées de profonds canyons, et les petites routes livrent des paysages charmants et parfois grandioses, dans une Nature presque libre d'activité humaine.

Les contrastes sont d'autant plus marqués que la pluviosité varie fortement avec la longitude : de la Louisiane à El Paso, les précipitations annuelles sont divisées par sept ! La grande forêt de feuillus qui couvre le Texas oriental est remplacée par des forêts de pins, qui cèdent la place à une sorte de bocage. Un taillis d'arbres bas prolonge les près entourés d'arbres, puis c'est le désert, avec son sol jaune qui apparaît partout entre les buissons. Si on ajoute à cela les marais de la côte, voici mise à mal la légende des plaines monotones et interminables ! Pour s'en rendre compte, les petites routes sont plus parlantes que les autoroutes.

Le Texas n'est certes pas l'état le plus spectaculaire. Mais il possède beaucoup d'endroits qui méritent d'être connus, et dont on parle pourtant peu. Certains, comme le Parc National de Big Bend et le canyon de Palo Duro, ont leur grandeur. D'autres, comme Enchanted Rock et la ville de San Antonio sont charmants. De l'automne au printemps, les réserves fauniques de la côte étonnent par leur profusion d'oiseaux.

Si, au lieu de passer vos vacances d'hiver sur une île, vous avez envie de bouger, allez au Texas. Le climat, sauf exception de courte durée, est tempéré. Le soleil brille, les paysages sont étonnants et dès qu'on s'éloigne des grandes agglomérations, on roule en toute liberté.

**************

[Haut de page]

 


Drapeau texas