Quatrième ville du Nouveau-Mexique pour la population, située sur la rive droite (à l'ouest !) de la Pecos, Roswell a près de 50 000 habitants. Elle possède une branche de l'Université du Nouveau-Mexique et une école militaire, dont fut élève Conrad Hilton, fondateur de la célèbre chaîne d'hôtels. Dans les grandes plaines, favorisée par un climat relativement doux, la région est propice à l'élevage et à l'agriculture : le comté de Chaves est le premier producteur de lait, de bovins et d'ovins du Nouveau-Mexique. Coton, foin, piments, sorgho, maïs et noix de pécan sont ses principales récoltes. Pétrole et gaz lui procurent, depuis longtemps, d'importantes ressources. La ville s'est organisée pour accueillir de nombreux retraités. La Guerre Froide avait amené une nouvelle source de revenus : la première base de bombardiers nucléaires fut ici. Son démantèlement, en 1967, fut un rude choc pour l'économie locale, mais ses installations, transmises à la ville, permirent le développement de nouvelles entreprises : les longues pistes d'atterrissage accueillent les avions de toutes tailles venus faire peindre leur coque aux couleurs des compagnies aériennes.

New Mexico Military Institute (09/10)
Dès l'entrée nord, une zone d'urbanisation récente, supermarchés, motels et restaurants, montre ce dynamisme retrouvé. Main Street, propre et bien tenue, ressemble à beaucoup d'autres dans l'Ouest américain et, si l'on ne connaissait la prédilection de la ville pour les ovnis et les extraterrestres, on ne songerait guère à s'y arrêter. Cette rare vocation attire les touristes au fil de l'an : outre l'hôtellerie et un musée spécialisé, elle alimente quelques industries.
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| Roswell Main Street : banale, malgré un éclairage public qui sort de l'ordinaire (09/10) | Chaves County Courthouse (09/10) | |
L'histoire commence vers la fin juin de 1947, lorsque William « Mack » Brazel découvre sur le ranch où il travaille, une zone constellée de débris que le vent disperse peu à peu : papier d'aluminium, lambeaux de caoutchouc, baguettes de bois, ruban adhésif et profilés d'un matériau inconnu, incombustible, ultra léger et d'une étonnante résistance. De quoi empoisonner ses moutons, incapables de séparer l'herbe des détritus (un ovin qui mange de l'ovni, c'est grave, docteur ?) : le 4 juillet, jour de la Fête Nationale, il va nettoyer. Ses enfants remplissent 3 ou 4 sacs, mais la famille s'en retourne avant d'avoir terminé... Matériaux bien étranges, car il les montre à des voisins.

William Ware Brazel, dit Mack. C'est, sans doute, sans rapport avec les ovnis : son oncle tua Pat Garrett. Il fut acquitté pour légitime défense (09/10)
On lit parfois qu'une prime de 3000 dollars était offerte à ceux qui prouveraient l'existence des soucoupes volantes. Trente mille dollars de 2010 ! De quoi inciter beaucoup de monde à signaler une découverte, et même à trouver très spéciaux des matériaux inconnus du grand public. Mais, si des phénomènes célestes inexplicables étaient signalés depuis longtemps, la première observation largement diffusée datait d'une dizaine de jours : on imagine mal qu'une administration, quelle qu'elle soit, ait proposé si vite une telle somme ! Quoi qu'il en soit, le lundi suivant, 7 juillet, Mack Brazel, apporte une partie des débris au shérif. Celui-ci lui passe un journaliste qui téléphone, en quête de nouvelles fraîches. L'éleveur raconte son histoire : il est sur que ce n'est pas un ballon-sonde ! Lorsqu'il reprend la route, deux militaires l'accompagnent au ranch : le commandant Jesse Marcel, chef du renseignement de la base aérienne et, probablement, le capitaine Sheridan Cavitt, du contre-espionnage.
« Probablement » car, à plusieurs reprises, Cavitt niera sa présence. Il l'admettra en 1994, pour un enquêteur de l'Air Force, pressée par le Sénat de présenter une explication plausible à une opinion publique agitée. Cavitt a 75 ans. Il a nié pendant 15 ans mais, au Nouveau-Mexique comme dans le reste du monde, les investigations sur les ovnis ont été fréquentes pendant les années 1950 : 47 ans plus tard, une erreur de date, de personnes ou de lieu n'aurait rien d'étonnant ! Il en va malheureusement ainsi de nombreux témoignages, contradictoires, modifiés en fonction d'informations nouvelles, enflés avec le temps et, peut-être, la pression des interviews.
Une autre épave, entière, et des extraterrestres ont été découverts une centaine de kilomètres à l'est de la première, 60 kilomètres au nord de la ville. Curieusement, on n'a aucune trace de ceux qui l'auraient signalée. Dès le 7, la base aérienne annonce officiellement être en possession d'un vaisseau spatial. La radio locale transmet l'information à United Press, qui la répercute dans le monde entier. Sur chacun des sites, les soldats envoyés récupérer ce qui peut l'être, y compris chez les particuliers qui auraient pu conserver des débris, ont tenu public et journalistes à distance : hormis quelques rares civils, seule l'armée a vu. Le lendemain, à Fort Worth, où l'on a transféré débris, soucoupe volante et extraterrestres, le général Ramey dément : ce n'est qu'un ballon-sonde ! Les esprits se calment durablement.
On ne parlera plus du « crash » jusqu’au témoignage de Jesse Marcel, en 1978. Il a alors 71 ans. Jamais, lui, ne parla d'humanoïdes. Mais les Objets Volants Non Identifiés ont été si nombreux que des enquêteurs privés, lancés sur la piste, accusent les gouvernements successifs d'avoir dissimulé la vérité : nous avons des visiteurs venus de l'espace ! En 1994, l'Armée de l'air lance son enquête, interroge les témoins survivants et, alors que beaucoup de témoignages révèlent désormais l'existence d'êtres étrangers à notre planète, finit par admettre qu'une opération secrète a eu lieu de 1947 à 1949 : des ballons de très haute altitude, lachés à Alamogordo, 140 kilomètres à l'ouest, devaient détecter les ondes lointaines d'essais nucléaires russes; certains ont explosé en vol. Plusieurs chercheurs, jusque là convaincus de l'existence du vaisseau spatial, changent d'avis.

Les signes inscrits sur un élément ramené par le commandant Jesse Marcel, tel que s'en souvint son fils, 11 ans à l'époque, réveillé au milieu de la nuit pour les lui montrer (09/10)

La description d'un réflecteur attaché aux ballons, par Charles Moore, un physicien responsable des ballons destinés à repérer les explosions nucléaires. Selon lui, les baguettes de balsa, imprégnées de colle pour les renforcer, pourraient être le matériau ultra léger mentionné par Brazel (09/10)
A leur manière, les studios d'Hollywood se sont emparés du sujet ! David Vincent, perdu en pleine nuit sur une route de campagne, voit sortir d'une soucoupe des êtres venus d'un autre univers. Ils prennent l'apparence des humains qu'ils détruisent, et on reconnait ces mutants à un défaut de fabrication : ils ne peuvent allonger le petit doigt de la main gauche. Dans l'incrédulité quasi générale, Vincent engage une lutte sans merci contre ceux qui veulent voler la Terre aux Terriens : « Les Envahisseurs », diffusé pour la première fois en 1967, reparait cycliquement sur les écrans français. En 1982, Steven Spielberg met en scène le célèbre E.T. Plus récemment, les épisodes à tiroir d'une nouvelle série télévisée nommée, tout simplement, Roswell, racontent les mésaventures d'extraterrestres d'apparence jeune, doués de pouvoirs surnaturels, venus vivre au Nouveau-Mexique. Ils ont révélé leur condition à quelques adolescents, mais à aucun adulte... ni au shérif ! Le sujet n'est pas neuf : « La guerre des mondes
», de H.G. Wells, date de 1898. Pour beaucoup, ovnis et « aliens » est un business lucratif.

Ce bas-relief représente le couvercle du sarcophage de K'inich Janaab Pakal, dit Pakal le Grand, cacique de la cité maya de Palenque de 615 à 683. On voit ce qu'en a fait l'imagination des « ufologues » : ils l'ont surnommé « Astronaute de Palenque » (09/10)
En 1995, la télévision montre un film d'une quinzaine de minutes, où des chirurgiens disséquent un petit cadavre au ventre bombé, avec une grosse tête ovoïde, pas de poils ni de sexe apparent, mais 6 doigts et 6 orteils : les descriptions des témoins directs parlent de 4, sans pouce ! En 2005, lors d'une interview télévisée, l'auteur dénonça lui-même sa supercherie, pour promouvoir son nouveau film !

L'autopsie, au UFO Museum (09/10)
Alors, quid des humanoïdes qu'on prétend avoir vu sur le lieu d'un « crash », à la base aérienne, ou convoyé en avion jusqu'à Fort Worth, puis dans l'Ohio ? Quid de l'humanoïde blessé qui aurait survécu 5 ans au secret, mais dont de vrais humains ont du assurer l'existence ?

Sur son lit de mort, Homer Rowlette confia à ses enfants qu'il avait vu le vaisseau spatial et les humanoïdes. Il avait alors 66 ans (09/10)
Les enquêteurs ont recueilli plus de 800 témoignages : beaucoup sont de deuxième main, enfants ou amis des témoins directs. Parmi ceux-ci, certains ont signé des attestations rédigées par des tiers. D'autres furent récusés après s'être grossièrement contredits. Brazel aurait été détenu plusieurs jours à la base, mais sa propre fille raconte une version différente ! Des témoins tardifs reproduisent des informations publiées dans des livres ou la presse, adaptées à leur histoire particulière. Aucun des archéologues qui, selon un témoin, auraient vu un vaisseau spatial et des cadavres d'humanoïdes dans les Plaines de San Agustin, ne se manifesta jamais ! Quelqu'un peut-il emporter un tel secret dans sa tombe ? On a dit souvent, et les intéressés eux-mêmes, que les témoins directs avaient été menacés, mutés, étaient morts ou avaient disparu... Mais, 40 ou 50 ans plus tard, qui pouvait craindre pour sa vie ?
Essais, arme secrète, action de désinformation ou êtres venus de l'espace, on ne saura probablement jamais la vérité ! Le nombre de ceux qui, après des années de silence, ont affirmé avoir vu les « aliens » est troublant, mais les archives de la base aérienne ont disparu, ainsi que les croquis dessinés par une infirmière qui aurait participé à l'autopsie. Elle-même resta introuvable ! On n'a que des affirmations, souvent divergentes, très postérieures aux évènements. Mais l'enquête est bien plus passionnelle, et passionnante, que les résultats qu'elle pourrait apporter et, pour certains, bien plus lucrative.
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Difficile de ne pas trouver l'International UFO Museum ! (09/10) |
« Evidence » signifie indice autant que preuve (09/10) |
Fondé par Walter Haut, le porte-parole de la base aérienne chargé d'annoncer la découverte d'une soucoupe volante à la presse, et Glenn Dennis, croque-mort qui raconta l'histoire de l'infirmière et de ses croquis, l'International UFO Museum and Research Center ouvrit ses portes en 1991. Photos et coupures de journaux à l'appui, il raconte le « Roswell Incident » et, sans prendre parti, survole un grand nombre d'apparitions dans le monde. Toutes les hypothèses, même les plus fantaisistes, sont envisagées. Le musée reçoit 200 000 visiteurs par an, et lève des fonds pour s'agrandir et se moderniser.
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Soucoupe volante photographiée à Rouen, en 1954, par un pilote de l'Armée de l'Air : phénomène inexpliqué. Un objet photographié à McMinville, Oregon, en 1950, semble porter le même chapeau de clown (09/10) |
Nuage lenticulaire, dont la forme prête à confusion : phénomène expliqué (09/10) |
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Ces « Cercles dans les cultures » furent longtemps attribués aux extraterrestres : leurs auteurs, parfaitement humains, sont aujourd'hui connus, fiers de leurs oeuvres, et travaillent même sur commande (09/10) |
On peut être un musée sérieux et garder le sens de l'humour (09/10) |
Rien de tel que les ovnis pour faire sensation : des magasins vendent jouets, peluches, casquettes, T-shirts... Ce doit être un bon commerce : le « gift-shop » est la seule partie du musée où il soit interdit de prendre des photos.

Peut-être pour profiter de la « clim », les « petits hommes verts » sont tous dans les magasins (09/10)
Roswell a aussi des établissements culturels plus terre à terre. Le musée d'art contemporain Anderson présente tableaux et sculptures parfois surprenants. Le Roswell Museum and Art Center expose des tableaux de peintres du Nouveau-Mexique : Peter Hurd et son épouse, Henriette Wyeth, Georgia O'Keefe, Peter Moran... Une ancienne piscine couverte, devenue « General Douglas L McBride Museum », collectionne armes et uniformes de diverses époques. Pour l'Histoire locale, la maison « Prairie Style » de James Phelps White, meublée comme au début du XXme siècle, met des milliers d'archives à la disposition des chercheurs.

Historical Center for Southwest New Mexico : James Phelps White House (09/10)
Pour la première fois en 1872, le propriétaire du magasin général-saloon-retaurant-hôtel-casino donna au village le prénom de son père : Roswell. Six ans plus tôt, premiers dans la région, des bergers hispaniques avaient amené leurs ouailles au bord du Rio Hondo, affluent de la Pecos, et John Simpson Chisum, originaire de Paris Texas, poussé le premier troupeau de bovins dans la vallée. Chisum, sans débourser un sou, s'appropria un territoire immense, l'équivalent d'une grande région française : à son apogée, son troupeau avait 80 000 têtes ! Il dut lutter contre les Mescaleros de la réserve de Fort Stanton, qui lui volaient ses chevaux, et les hors-la-loi son bétail : il ne prit pas de gants ! A son corps défendant, il se trouva impliqué dans la guerre du bétail du comté de Lincoln, où s'illustra Billy le Kid.
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John Simpson Chisum. Aurait-il inspiré Morris : on dirait qu'il a servit de modèle à Averell Dalton (09/10) |
La vallée de la Pecos : Chisum occupait les terres jusque de l'autre côté de la montagne, 160 km au nord, 90 au sud et 130 à l'est. La région est à peine moins déserte aujourd'hui ! (03/99) |
Le jeune hors-la-loi l'ayant menacé de lui voler des bêtes pour se payer d'une dette que l'éleveur estimait soldée, Chisum s'employa à faire élire Pat Garrett. Il s'établit à Roswell en 1879. Atteint d'une tumeur, il mourut au Texas en 1884.
Dans les grandes plaines du Nouveau-Mexique, couvertes d'herbes et de cactus bas, le climat est très semblable à celui de Tucumcari, quoiqu'un peu plus sec. Tout au long de l'année, les températures moyennes des deux villes sont très proches.
Site officiel de la ville de Roswell : http://www.roswell-usa.com
Site de la Chambre de Commerce de Roswell : http://www.roswellnm.org
Site officiel de l'International UFO Museum : http://www.roswellufomuseum.com/
CLIMAT : Voir les données météo
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Température
(Ces valeurs proviennent de relevés effectués pendant 30 ans, entre 1961 et 1990) Les colonnes vertes donnent la plage de température entre la moyenne des températures minimales et maximales. La colonne orange donne les températures maximales. La colonne bleue donne les température minimales. Les températures extrêmes peuvent n'être survenues qu'une fois en 30 ans : c'est surtout la courbe moyenne qui compte, mais les extrêmes permettent d'imaginer à quoi s'attendre au pire ! Les couleurs en pied de diagramme donnent : en bleu les mois froids ou frais, en vert les mois tempérés, en orange les mois chauds. |
Chances de soleil et risques de pluie(Ce diagramme est issu de relevés sur plus de 7 ans. Malheureusement, ces statistiques ne sont pas toujours disponibles) Le diagramme en jaune donne le pourcentage de chances d'avoir des journées ensoleillées (échelle jaune). Le diagramme en bleu donne le pourcentage de risques qu'il pleuve (échelle bleue). Entre les deux, les jours gris ! Si jaune et bleu se recouvrent partiellement sur certains tableaux, c'est que dans la même journée existent des chances de soleil et des risques de pluie. |
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© et crédit photos : America dreamZ.
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