Fort Sumner State Monument
Bosque Redondo Memorial

Longue Marche et déportation des Navajos

Pat Garrett tue Billy the Kid


situation


A l'écart de tout, à 1200 mètres d'altitude, perdue au milieu d'immenses plaines couvertes d'herbe et de cactées, Fort Sumner est une bourgade d'un millier d'habitants. Quatre restaurants, trois motels, huit églises... Rien pour attirer les touristes, à l'exception du petit cimetière où, en 1881, fut enterré Billy le Kid, sa double tombe, ainsi que deux musées fondés sur la célébrité de ce hors-la-loi.

Il n'est pas nécessaire de fouiller longtemps pour découvrir que l'histoire commence 17 ans plus tôt, lorsque l'armée tenta de « civiliser » Navajos et Apaches Mescaleros sur la réserve de Bosque Redondo, créée pour eux. L'expérience échoua : en 1870, Lucien Bonaparte Maxwell acheta les bâtiments du poste militaire. Il venait de vendre son immense ranch, 6945 km² à cheval sur le Nouveau-Mexique et le Colorado, à peine plus grand que les Alpes de Haute Provence. Il mourut 5 ans plus tard, et son fils Pete habitait la maison lorsque Pat Garrett tira la balle fatale au jeune hors-la-loi. Bien que sa renommée se soit étendue de l'Atlantique au Pacifique, William Bonney, alias Henry McCarty, ou encore Henry Antrim, serait probablement tombé dans l'oubli, sans l'aide posthume de Pat Garrett : celui-ci, aidé par un professionnel, écrivit « La véritable histoire de Billy the Kid ». Peut-être était-ce pour justifier son acte : beaucoup pensent que le jeune homme n'était pas armé, et que ce fut un assassinat pur et simple.

La véritable histoire de Billy the Kid

Trois mois ont passé depuis que le Kid s'est évadé du Palais de Justice de Lincoln. Sans trop y croire (il s'est certainement réfugié au Mexique !), aux environs de minuit, le shérif a réveillé Pete Maxwell : « Billy est-il à Sumner ? ». En chaussettes, inconscient du danger, celui-ci s'approche justement. Sur la véranda, deux adjoints attendent le shérif.

- « Quien es ? » demanda-t-il deux fois. Qui est-ce ?

Il entre dans la chambre, questionne : « Qui sont ces hommes, dehors ? », devine l'ombre assise à la tête du lit et répéte, plus fort :

- « Quien es ? »

Pat Garrett tire, deux fois ! Une balle atteint le jeune homme, près du coeur, et le tue sur le coup. Il avait 21 ans. William Bonney portait-il une arme ? Garrett affirma qu'il tenait un revolver, mais on n'en trouva pas dans la pièce.

Fondé en 1932, le « Old Fort Sumner Museum » semble garder le cimetière où sont enterrés Billy the Kid, deux de ses compagnons : Tom O'Folliard et Charlie Bowdre, tués quelques mois plus tôt, Lucien et Pete Maxwell, et plusieurs Beaubien, la belle-famille de Lucien.

Billy the Kid grave pierre tombale

La première tombe était marquée d'une planche, avec une inscription à la peinture. Au début du XXme siècle, le cimetière, ses murs et les tombes furent dévastés par de violentes crues de la Pecos : personne ne sait exactement où se trouvent les restes de qui que ce soit. La grande dalle blanche, posée au début des années 1930, porte trois noms : Bonney, Bowdre et O'Folliard. Un particulier offrit la stèle grise en 1940 (09/10)

S'il arrive qu'un caveau soit entouré d'une clôture, celle-ci dépasse rarement un mètre. Mais les chasseurs de souvenirs avaient pris l'habitude d'écorner la stèle blanche et, en 1950, la pierre tombale grise disparut. On la retrouva 26 ans plus tard près de Granbury, Texas. Dérobée à nouveau en 1981, retrouvée en Californie, elle est désormais protégée par un cerclage de fer.

stèle de LB Maxwell

Sur la stèle de LB Maxwell, son ranch (09/10)

Petit, tout en longueur, le « Old Fort Sumner Museum » se concentre sur Billy le Kid : lettres de sa main et de celle de Garrett, certificat de décès, plans du poste militaire, photos des protagonistes, armes, affiches, tableaux, photos du tournage de Young Guns I et II, et tout un bric-à-brac de diverses époques, qu'on ne prend guère le temps d'observer en détail.

L'homme tué le 14 juillet 1881 était-il vraiment William Bonney ? Longtemps après ces évènements, plusieurs personnes prétendirent être l'ancien hors-la-loi : deux font encore l'objet d'une controverse.

Brushy Bill Roberts avait commencé par prétendre être un ancien membre de la bande des frères James. Il avait même cautionné l'imposture d'un faux Jesse James. Il n'affirma être Bill Bonney qu'après qu'un journaliste lui eut posé la question. Le musée démontre en comparant leurs photos que leurs traits étaient trop différents. Brushy Bill Roberts garde pourtant des partisans.

John Miller est plus convaincant. On n'a aucune trace de son existence avant le 14 juillet 1881. Trois semaines plus tard, il apparaît à Las Vegas, Nouveau-Mexique, blessé à la poitrine. Il s'établit dans la région de Ramah, NM, employé de ranch puis éleveur. Réputé pour son aisance à cheval et son habileté aux armes, il avait les yeux bleus, les oreilles décollées, les dents en avant et les épaules tombantes : une vraie ressemblance ! En permanence sur le qui-vive, il portait toujours un revolver. Sauf ivre, il ne prétendit jamais être Billy le Kid.

Les spécialistes trouvent toujours assez d'arguments pour ou contre pour semer la confusion. L'identité du mort est mise en doute : un homme inconnu de la Justice serait entré dans la chambre et le shérif ne pouvait admettre avoir tué un innocent... Blessé, le Kid aurait été sauvé par ses amis mexicains, qui lui auraient substitué le cadavre d'un autre... Comme il n'est pas possible d'identifier ses ossements, mystère et polémiques vont se perpétuer longtemps.


lettre à Lewis Wallace

Dernière page d'une lettre écrite en décembre 1880 à Lewis Wallace, gouverneur du Nouveau-Mexique, où William Bonney déclare n'avoir pas volé le bétail de Chisum (09/10)

Billy the Kid Pete Maxwell

Billy the Kid et Pete Maxwell (09/10)

Pete Maxwell devant sa maison

Pete Maxwell devant sa maison, en 1883. L'étage avait été ajouté l'année précédente. Abandonnés, tous ces bâtiments furent démantelés pour récupérer le bois de construction. Au bord de la Pecos, une plaque marque l'endroit où se trouvait la chambre de Pete, dans l'angle à droite sur la photo (10/09)

pecos

La maison était à une cinquantaine de mètres de la Pecos (09/97)

Le cimetière et son musée sont une dizaine de kilomètres du village : il faut suivre l'US 60 vers l'est, puis tourner vers le sud : l'embranchement est indiqué par un grand panneau.

Le phénomène est assez puissant pour qu'un second musée, concurrent, soit né dans les années 1950, sur la rue la plus fréquentée du village : l'US 60.

musée sur l'US60

Un nom sans équivoque (09/10)

Plus étendu, plus diversifié, il présente diverses collections sans rapport avec la guerre du bétail du comté de Lincoln. Une petite salle consacrée à Bill Bonney présente une Winchester 73, qu'il offrit à Celedon Trujillo deux mois avant de mourir. Peut-être est-ce celle que l'on voit sur la célèbre photo : c'est ce que suggère la présentation dans la vitrine.

musée musée

La même arme ? (09/10)

 

etriers   Pat Garrett

Une histoire prétend que Henry McCarty aurait dépouillé de ses beaux éperons un voleur de bétail qu'il venait de tuer. Lui-même ne les portait que pour danser (09/10)

Pat Garrett (09/10)

 

musée musée

Chariots, caisse enregistreuse et sièges de dentiste n'ont pas l'intérêt dramatique qu'on pourrait attendre d'un musée nommé ainsi (09/10)

De 1968 à 2005, les vagues vestiges laissés par l'armée et les Maxwell furent préservés par le Fort Sumner State Monument. Un petit « Visitor Center » en gardait l'entrée : on pouvait y soupeser un sabre de cavalerie, manipuler un mousqueton Sharp, discuter avec le ranger, plutôt content de voir un peu de monde. Depuis longtemps, des Navajos venaient en pélerinage sur les lieux où leurs ancêtres avaient souffert, où 3000 étaient morts. Le Bosque Redondo Memorial ouvrit le 4 juin 2005 : entièrement consacré à la « Longue Marche » et à la détention de plus de la moitié de la tribu au bord de la Pecos, il a phagocyté le State Monument dont, en 2010, l'ancien « Visitor Center » était inutilisé : photos et commentaires affichés dans la galerie du Memorial sont tous à l'avantage des indiens.

Bosque Redondo Memorial

L'architecte navajo a mis l'entrée dans un tipi, mais le hall a la forme d'un hogan, la maison traditionnelle de sa tribu (09/10)

Les Navajos n'ont pas leurs origines au Nouveau-Mexique : leur langue, comme celles des Apaches, est d'origine athabasque, très répandue en Alaska et au Canada occidental. Cette souche lointaine a donné naissance à plus de 40 langues aussi proches ou éloignées que le français, l'italien, le russe ou l'allemand. Dans plusieurs d'entre elles, Dineh signifie « les gens », « le peuple » : c'est ainsi que se désignent les Navajos.

On n'est pas parvenu à dater précisément leur arrivée dans le Sud-Ouest : probablement entre le XIIIème et le XVIème siècle. Ils allaient à pied : leurs seuls animaux domestiques étaient des chiens, dont chacun portait ses vingt-cinq kilos de bagages. Combien de temps mirent-ils pour faire le voyage : quelques années seulement, allant avec le dessein de s'établir ailleurs ? Ou des siècles, déplaçant leurs campements au fur et à mesure que de nouveaux adultes prenaient leur indépendance et formaient une nouvelle bande ? Ils vinrent par les Plaines, en logeant le piémont des Rocheuses. Certains, suivirent l'ouest de la chaîne, et arrivèrent par le Plateau du Colorado. D'autres, peut-être, des rives du Pacifique, avant de tourner vers l'est et traverser le Grand Bassin.

D'abord, ils vivent de chasse, de cueillette, et de ce qu'ils peuvent prendre à d'autres, quand l'occasion s'en présente. Les Zunis les appelèrent « Abachu ». Chez les Espagnols, leur nom devint « Apachus de Nabaho », où Nabaho semble désigner de grands champs. Bientôt, seul subsiste le dernier mot, devenu Navajos.

Les rapports entre tribus ne sont pas seulement guerriers. On troque des marchandises; un enfant prisonnier est élevé dans une tribu ennemie; on aime une fille et on la suit dans sa famille. Pour échapper à la domination espagnole, des Pueblos se réfugient dans un village navajo. Ceux-ci apprennent l'agriculture, l'équitation, l'élevage des moutons, le travail de la laine. Ils ont assimilé de nombreux mythes pueblos, peuvent les conter, souvent modifiés selon leur propre interprétation, mais ne s'assimilent systématiquement pas à eux : « Le Dineh arriva après ces évènements ». Chez les Pueblos, seuls les hommes connaissent l'art du tissage : lorsque l'un d'eux épouse une Navajo, il le lui enseigne. Elle le transmet à ses filles et, en quelques générations, seules les femmes du Dineh tissent.

Lorsque Coronado explore le pays, en 1541, ils semblent n'être pas séparés des Apaches : tous vivent dans les Hautes-Plaines au nord du Texas. Quarante ans plus tard, Espejo les signale au nord-ouest d'Acoma, où les retrouve Onãte, au tournant du siècle. Un peu après 1620, la tribu s'étend jusqu'à proximité des Hopis, et le nom de Navaho apparaît pour la première fois dans les écrits des missionaires franciscains. En 1705, Roque Madrid les assaille, pour mettre fin à leurs raids contre les ranchos espagnols : leurs villages sont concentrés dans la haute vallée de la San Juan, au Nouveau-Mexique et dans le sud du Colorado. Progressivement, le Dineh, qui n'a pas perdu ses habitudes nomades, dès qu'il possède moutons et chevaux, se répand dans les plaines, au sud et à l'ouest de ses bases. Son habitat se disperse : 150 ans après l'expédition, il occupe le Canyon de Chelly, 300 kilomètres au sud-ouest de la San Juan. Dynamisme et adaptabilité lui ont permis de s'étendre au détriment d'occupants bien plus anciens, comme Hopis, Zunis et Acomas.

Dans une société guerrière, le butin n'a rien d'immoral et sert le prestige des hommes : la guerre est larvée, mais permanente, entre les nomades et leurs voisins sédentaires. Chez les éleveurs, le signe extérieur de richesse, c'est le troupeau : les jeunes hommes qui constituent le leur volent bétail et chevaux aux tribus voisines et aux éleveurs espagnols. Ces expéditions ont un autre objectif : le florissant commerce des esclaves. Pour un domestique, les Espagnols sont prêts à donner des chevaux. Dans la langue du Dineh, cheval se dit « Ce par quoi l'homme vit » : les rapts d'enfants sont monnaie courante.

guerrier

Jeune guerrier, arc en main (09/10)

Les Néo-Mexicains, pauvres, mal armés, mal soutenus par l'administration centrale, restent le plus souvent sur la défensive. Les Américains s'emparent du territoire en 1846 : ils ne vont pas tolérer longtemps le pillage de leurs fermes. Pour protéger leurs concitoyens, et parce que l'économie pâtit de l'instabilité, partout, ils essayent d'instaurer une paix durable entre les tribus. Les agents indiens sont nommés plus souvent par appui politique que pour leur compétence. Ils renoncent au confort des villes de l'Est, viennent s'établir dans le désert, font souvent de leur mieux mais n'arrivent ni à comprendre les Indiens, ni à se faire comprendre d'eux. A Washington, c'est pire ! Les territoires n'ont pas de représentants. Députés et sénateurs viennent de l'Est et du Middle-West : la plupart ne connaissent pas l'Ouest, et n'ont jamais vu d'indien. Les agents essaient en vain de leur transmettre ce qu'ils appréhendent des besoins des indiens qui, eux, ne peuvent comprendre la civilisation à laquelle ils sont confrontés. Quelques expéditions punitives, décidées localement, ne donnent pas de résultats tangibles : les vieux chefs remboursent sur leur propre troupeau, essayent de calmer les esprits mais ne parviennent pas à raisonner les jeunes. Peut-être, s'il en avait le loisir, Abraham Lincoln chercherait-il une solution équitable, mais la Guerre de Sécession occupe tout son temps.

La majeure partie des garnisons a été rappelée vers les champs de bataille de l'Est : partout, les indiens deviennent plus audacieux. James Henry Carleton commande la région : il ordonne au colonel Kit Carson de brûler les récoltes, massacrer les troupeaux, affamer les Navajos jusqu'à ce qu'ils se rendent. La campagne commence en juillet 1863. Les indiens se dispersent, disparaissent dans le désert avec ce qu'il leur reste de moutons et de chevaux. Mais l'hiver et la famine ont raison de la moitié de la tribu, près de 8000 personnes : appuyé par les ennemis traditionnels du Dineh, Utes et Pueblos, avec seulement quelques centaines de soldats, Kit Carson triomphe en quelques mois, presque sans tirer un coup de feu. Bientôt, de petits groupes arrivent au Canyon de Chelly, où Carson a établi son QG. On les rassemble à Fort Defiance, au nord de l'actuelle Window Rock, et Fort Wingate, près de Gallup.

Dès janvier 1864, ils partent pour la réserve imaginée par Carleton : ils vont à pied, poussés par les soldats. Beaucoup meurent de froid, de faim, d'épuisement, parfois abandonnés, ou même abattus, lorsqu'ils ne peuvent pas suivre : 600 kilomètres de misère et d'angoisse ! L'arrivée à Bosque Redondo n'est pas un réconfort : 400 Mescaleros sont déjà là; aucun logement, sauf ceux de la troupe et des officiers; le bois manque, pour cuisiner et se chauffer : beaucoup d'arbres visibles aujourd'hui ont été plantés depuis cette époque. La nourriture, insuffisante, n'est pas adaptée à leurs habitudes. Aucun Américain ne parle leur langue : il faut passer par l'espagnol, via une succession d'interprêtes.

mescaleros

La misère se lit sur les visages... (09/10)

Les Navajos vécurent à Bosque Redondo du printemps 1864 à l'été 1868 : le fort Sumner avait été construit pour les garder et leur réserve retranchée du domaine public. Si la rigueur de leur traitement était certainement destinée à briser leur résistance, l'objectif de cette déportation n'était pas de les faire souffrir par pur sadisme. Beaucoup d'Américains pensaient que les indiens devaient s'intégrer dans leur système économique, afin qu'ils vivent d'agriculture et cessent leurs rapines : la majorité d'entre eux imaginait que dix ans suffiraient à les « civiliser ». Pour les contraindre à adopter rapidement les méthodes de la civilisation dominante, quel meilleur moyen que les maintenir prisonniers sur la réserve ? Mais les moyens étaient insuffisants !

Les vaincus font de leur mieux pour s'adapter. Ils n'ont jamais vu de café, pensent que c'est un aliment, lavent les grains plusieurs fois, comme ils feraient de haricots, jettent le jus et trouvent que c'est tout de même bien dur à mâcher. « Mais comment les blancs peuvent-ils aimer ça ? ». Cependant, peu à peu, avec l'aide des soldats, ils apprennent et s'organisent.

Ils plantent haricots et maïs, irriguent, binent mais presque chaque année apporte sa misère : sécheresse, insectes, inondation... La récolte est perdue ! La réserve couvre 400 000 hectares, mais elles ne sont pas faites pour l'agriculture. Les conditions de vie sont insalubres : l'eau de la Pecos est saline et, l'été, grouille de moustiques. Une nuit, les Mescaleros volent des chevaux et prennent le maquis. Les Navajos commencent à faire de même.

A l'évidence, l'expérience est un échec. Après avoir signé avec les Sioux le second traité de Fort Laramie, le général William Tecumseh Sherman, qui commande l'armée en second, se rend à Bosque Redondo. La décision était prise d'envoyer la tribu dans le « Territoire Indien », futur Oklahoma, mais les chefs demandent à rentrer chez eux, dans leur désert que personne ne convoite, et promettent de se tenir tranquilles. Sherman dit oui ! Moins de trois semaines après la rencontre, joyeux malgré leur misère, les Navajos reprennent la route. C'est l'été, beaucoup ont des chevaux, et les soldats les considèrent désormais comme des hommes libres. Bientôt, l'armée vend les bâtiments devenus inutiles.

Bosque Redondo

Barboncito et Manuelito, à la tête de 28 autres chefs, menèrent les négociations avec Sherman. Manuelito ne s'était rendu qu'en 1866 (09/10)

Entre parking et musée, un chemin dallé serpente entre les cinq mondes mythiques du Dineh et leurs montagnes sacrées : le premier, sans lumière, est une ïle, où se rencontrent Premier Homme et Première Femme. Seuls existent des insectes, et deux Coyotes, dont le plus petit est nommé « First Angry » : Premier Furieux. Il est puissant, et inventera sans cesse des tours dont certains se retournent contre lui. Sa montagne, celle de l'est, est Sis na' jin (Blanca Peak, dans les Sangre de Cristo). Le deuxième monde est bleu : il contient déjà oiseaux et mammifères. Le Peuple de l'Hirondelle y vit : certains rapprochements l'assimile aux Anasazis des falaises. La montagne associée est au sud : Tso' dzil, le Mont Taylor. Dans le troisième, jaune, les animaux sont plus nombreux. De purs esprits, Premier Homme et Première Femme deviennent humains et se reproduisent. La montagne est celle de l'ouest : Dook' oslid, les San Francisco Peaks. Le quatrième monde est blanc. Les êtres sacrés y créent le soleil, la lune, les étoiles et la mort. C'est celui où nous vivons. La montagne du nord est Debe' ntsa, dans les San Juan. Le cinquième monde est celui des êtres sacrés, proches du Grand Esprit, inaccessible aux mortels.

Le musée semble trop grand pour ses collections : une succession de panneaux illustre la Longue Marche et les années à Bosque Redondo. Quelques objets d'artisanat traditionnel montrent le savoir-faire du Dineh. A l'arrière, une porte vitrée ouvre sur une prairie : au fond, l'ancien « Visitor Center ». Sur le chemin, le rocher du traité de 1868 et, un peu plus loin, les pierres apportées pour rendre hommage aux ancêtres morts en déportation.

 Bosque Redondo

Pochette perlée en daim (09/10)

 Bosque Redondo

Le panneau dit :

En commémoration des Navajos qui vécurent ici en exil, 1863 - 1868.
La reconstitution pour le centennaire de la signature du traité de paix (1er juin 1868) se déroula en ce point.

Erigé par la tribu des Navajos et la Société scientifique du Plateau. Window Rock. Arizona. Février 1971
.

Autres pages du site parlant de Billy le Kid : Las Cruces, Lincoln, Silver City.

Autres pages sur les Navajos: Monument Valley, Canyon de Chelly, Shiprock.


Temps minimum : 1/2 heure. Fort Sumner est très à l'écart des routes touristiques traditionnelles.


COMMENT Y ALLER :

Accès depuis l'aéroport international le plus proche :

  • Houston situé à 1200 km à 12.5 heure(s) de route.
  • Dallas situé à 830 km à 11 heure(s) de route.

Accès depuis l'aéroport régional le plus proche :

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