Comme Pyramid Lake _et quelques autres plus petits, c'est un vestige du grand lac Lahontan. Ce dernier, il y a 12 500 ans, couvrait 22 000 km2 de l'ouest de l'actuel Nevada, et débordait sur l'Oregon et la Californie.
Walker Lake _son nom vient d'un ancien trappeur devenu guide, est alimenté par la Walker River, et ne reçoit pratiquement que cette eau. A la fin de l'hiver, la fonte des neiges vient apporter un modeste tribut depuis les montagnes voisines, mais ce n'est qu'une très faible partie de ce dont le lac a besoin, ne serait-ce que pour compenser l'évaporation. Aucune rivière ne sort du plan d'eau, incrusté au fond de son bassin.
La Walker, pompée par les fermiers et les villages, ne suffit plus à maintenir le niveau du lac : celui-ci a baissé d'une quarantaine de mètres en 100 ans, une diminution de son volume de 70%. Les crues de printemps, lorsqu'il y en a, retenues par les barrages, sont d'abord absorbées dans le sol et rechargent la nappe phréatique. Ce n'est qu'une infime quantité d'eau qui atteint le lac : il ne reçoit plus aujourd'hui qu'un tiers de l'eau qui l'alimentait à la fin du XIXme siècle. C'est la rançon du progrès et de la croissance démographique, mais elle risque d'avoir des conséquences dramatiques sur la faune.
Les infimes quantités de sel dissous dans l'eau de la Walker s'accumulent dans le lac : sa diminution de volume les a concentré au point qu'une espèce de carpe et une autre de perche, indigènes du lac, ont disparu dans les années 50. La truite de Lahontan et une espèce de chevesne semblent sur la même voie, si des accords n'interviennent pas rapidement entre les utilisateurs de l'eau et les amis de la Nature, sans oublier tous ceux qui vivent des touristes, des pêcheurs et des chasseurs. Cela vient de se faire pour Pyramid Lake.
La truite de Lahontan, même née en élevage, fraie dans les eaux libres de la rivière. Lorsqu'elle sent une crue, elle se précipite dans le courant, mais un barrage d'irrigation construit dans la réserve païute les en empêche. Les indiens ont finalement créé un alevinage, comme à Pyramid Lake. Le lac Walker a tout pour vivre, mais si tout le poisson disparaît, les nombreux oiseaux, migrateurs et sédentaires, qui profitent du lac, ne viendront plus, ou devront s'alimenter ailleurs : mille quatre cent plongeons, des pélicans blancs, des pluviers, des courlis, des cormorants, des ibis vivent ici... Où iront-ils ?
Le lac Walker mesure vingt-trois kilomètres de long sur neuf de large. A 1200 mètres d'altitude, il s'étend sur 270 km2. L'évaporation le ronge de 10 cm par an. En trois années humides, son niveau est remonté de vingt centimètres mais le plus souvent, les cycles de sécheresse l'emportent.
Site de l'US Geological Survey pour l'eau : water.usgs.gov
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