Les outils du chercheur d'or


L'or est connu depuis la plus haute antiquité, et les hommes préhistoriques l'utilisaient probablement déjà. Facile à travailler, trop mou pour faire de bons outils, il fut probablement peu employé jusqu'à ce que les Lydiens imaginent d'en faire un instrument monétaire. Le roi Crésus savait déjà, il y a 2500 ans, le raffiner avec une pureté de 98%. Dès lors, on imagine aisément que les procédés d'extraction simples soient connus depuis longtemps, et se soient perpétués au cours des siècles, jusqu'à ce qu'aux temps récents, la science, l'utilisation de l'énergie et la disponibilité des capitaux les aient considérablement transformés.

La méthode la plus rudimentaire ne nécessite même pas d'eau : il suffit d'un crible, d'une couverture, de deux hommes et d'un peu de vent. Le crible est posé sur la couverture, qui sert de réceptacle à la terre tamisée. Les mineurs tendent la couverture et font sauter son contenu : le vent emporte les particules les plus légères. L'or retombe sur le tissu. Les particules les plus fines restent piégées dans la trame. Après un certain temps d'utilisation, il faut brûler le tissu pour récupérer les paillettes.

Ce procédé, peu productif, est utilisé dans les lits d'anciens cours d'eau des régions sèches. Mais c'est le plus souvent dans les ruisseaux qu'on découvre des gisements. Pour le prospecteur seul, les outils sont rudimentaires : la pioche, la pelle et la battée.

La battée est un plat circulaire de 40 à 50 centimètres de diamètre, de quelques centimètres de profondeur, dont les bords se relèvent doucement.

Le prospecteur verse une petite pelletée de terre dans l'instrument, ou s'en sert pour prélever son échantillon dans le fond du ruisseau. La tenant légèrement inclinée, il lui imprime un mouvement de rotation. L'eau, agitée, soulève les particules les plus légères, alors que l'or, quatre à cinq fois plus dense, retombe rapidement au fond. De temps à autre, il faut secouer la battée de haut en bas, pour tasser au fond les particules les plus lourdes. Peu à peu, la battée se vide de l'eau, de la terre et du sable. Il ne reste au fond de l'instrument que les pépites, les paillettes et les graviers les plus gros.

battée battée

La battée

Le travail à la battée se fait souvent avec de l'eau jusqu'aux chevilles ou aux genoux : dans les torrents de montagne, par tous les temps, il faut être animé d'une grande foi. Bien souvent, une ou deux saisons dans ces conditions suffisent à dégoûter un homme normalement constitué. Le procédé consomme peu d'eau, mais il est lent : un mineur traite moins d'un mètre cube par journée de travail, et il faut un terrain riche pour que ses efforts soient honnêtement récompensés.

Lorsque les chercheurs s'organisent en équipe pour exploiter une concession, ils peuvent utiliser le "rocker", ou "cradle". C'est un appareil simple, facile à construire, qui utilise le même principe que la battée : séparer l'or de la terre par gravité.

Schéma d'un rocker Schéma d'un rocker

Le rocker est constitué d'une caisse ouverte fixée sur des quarts de rond qui servent de bascule. A l'entrée, on verse la terre et la roche concassée sur un crible qui retient les graviers les plus gros.

Arrosés d'eau, les éléments les plus fins filtrent à travers le crible, et tombent sur une toile à sac qui freine leur chute et retient les particules les plus petites. Lorsque le rocker a été utilisé suffisamment longtemps, les mineurs brûlent la toile et recueillent l'or qui s'y est incrusté. L'eau entraîne les autres éléments hors de la toile.

En même temps qu'un mineur verse l'eau au dessus du crible, un autre imprime au rocker un mouvement de balancier, d'où le nom de "cradle", qui signifie "berceau". Grâce à ce mouvement, l'eau se déplace dans la caisse en formant des vagues transversales : comme dans la battée, le mouvement de l'eau soulève les particules les plus légères, alors que l'or, retenu par des tasseaux, reste sur le fond du rocker.

Le rocker au travail Le rocker au travail

Le rocker mesure environ 90 centimètres de long et une quarantaine de large. Il nécessite peu d'eau et permet de traiter 3 à 4 m3 de terre par jour : c'est nettement plus productif que la battée.

Plus long, environ quatre mètres, le Long Tom se passe d'action mécanique : l'eau se charge de tout le travail de séparation. Le Long Tom est constitué de deux parties successives, où l'eau arrive par une gouttière, le "flume". La première partie, d'environ 2 mètres à 2.50 mètres, se termine en évasement fermé par un crible. C'est elle qui reçoit la charge de minéraux. L'eau, dont le débit est continu, lave sans cesse la terre contenue dans ce premier chenal et, chargée de particules diverses, tombe dans la seconde partie, plus large, où sont disposés des tasseaux qui, comme dans le rocker, arrêtent les particules d'or et laissent partir les matériaux plus légers. Il faut sans cesse agiter la terre, et remonter les mottes vers la source d'eau pour les dissoudre et ne pas obstruer le crible. Lorsque l'espace à l'arrière des tasseaux est plein, on récupère ce résidu très concentré, puis on le travaille à la battée pour en extraire les particules d'or.

Encore plus long, et requièrant beaucoup plus d'eau, le "sluice box" _littéralement "boite à écluses" existe en diverses variantes, adaptées au terrain, à la teneur et à la nature de l'or qui s'y trouve. Le "sluice" peut mesurer plusieurs dizaines de mètres. Comme les précédents, c'est un canal incliné, avec environ 10% de pente, où l'eau circule sans arrêt. Les particules d'or sont piégées par des tasseaux disposés en longueur, en largeur, en quinconce, en forme de grille, selon la nature du terrain. Des toiles à sac ou des couvertures sont disposées au fond pour receuillir paillettes et pépites, et faciliter le nettoyage de l'appareil. L'art consiste évidemment à ce que l'eau coule à la bonne vitesse, pas trop vite pour ne pas entraîner trop d'or, mais suffisamment pour éliminer la terre.

Lorsque les mines s'industrialisent, les outils classiques de terrassement sont remplacés par des jets d'eau sous pression. Sans souci des arbres, du paysage, ni de l'environnement, des collines entières sont lavées et disparaissent. Pour alimenter les lances, on capte l'eau des ruisseaux et des lacs d'altitude, et on la conduit à la mine à ciel ouvert par des conduites forcées. Chargée de sédiments, elle est recueillie dans des "sluices", où elle laisse sa charge d'or. Puis, elle est renvoyée au ruisseau. Ce processus accéléré d'érosion a laissé des traces : plus d'un siècle plus tard, la végétation a repoussé mais les cicatrices laissées par ce lavage intense se voient toujours dans les montagnes de Californie.

Un canon à eau

Un canon à eau (06/02)

Ces méthodes ont heureusement disparu. Mais des chercheurs d'or modernes continuent de laver le lit et le fond des cours d'eau avec des matériels perfectionnés, qui utilisent toujours le principe du lavage.

chercheurs d'or modernes

Les chercheurs d'or modernes ont abandonné la battée et le Long Tom, mais la méthode reste de même nature (10/85)


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