On nous pose parfois la question du climat de l'Ouest américain. Sur un territoire grand comme 8 à 9 fois la France (sans compter l'Alaska), dont l'altitude accessible en voiture varie de 86 mètres au-dessous du niveau de la mer à 4300 mètres au-dessus, dont la latitude va de celle de Louxor, au milieu de l'Egypte, à celle d'Orléans, la question semble ingénue.
Les quatre grands déserts des Etats-Unis sont au Far West, juste à côté des zones les plus enneigées. La Côte Ouest est bordée par un grand océan, animé chaque hiver de violentes tempêtes. A l'est, la côte texane est ravagée périodiquement par les ouragans tropicaux. L'été, l'hiver, le printemps et l'automne changent aussi la donne. Pour se donner de grandes lignes de compréhension, il faut compartimenter cet immense territoire en régions, fondées sur la latitude, la topologie et la proximité de la mer.
De San Diego à Santa Barbara, les températures sont douces, relativement constantes de l'hiver à l'été, et les précipitations de plus en plus rares alors qu'on descend vers le sud.
La zone où poussent les redwoods, grands arbres de la famille du séquoia dont la hauteur atteint 120 mètres, va du sud de Monterey jusqu'à l'Oregon : les redwoods sont signe de brouillards fréquents, épais, et d'humidité suffisante pour leur croissance. Le vent de mer est souvent frais.
Oregon et Washington sont réputés pour leurs pluies fréquentes et leurs tempêtes hivernales : seuls les mois de juin et juillet sont propices au tourisme, et l'humidité des mois d'hiver est proverbiale.
Les chaînes de montagne parallèles à la côte, dont certaines tombent directement dans l'océan, font barrage aux nuages : les précipitations décroissent quand on s'éloigne vers l'intérieur des terres. La Vallée Centrale de Californie, au sud, celle de la Willamette, dans l'Oregon, ont un climat beaucoup plus sec que la bande littorale. En été, la Vallée Centrale devient une étuve que, heureusement, les touristes se contentent de traverser pour gagner la Sierra Nevada.
Ces hautes montagnes, prolongées au sud par la chaîne orientale des Peninsular Ranges, reçoivent le plus gros des précipitations. Le qualificatif de "nevada" n'est pas usurpé : on a vu tomber, dans la partie centrale de la Sierra, jusqu'à 16 mètres de neige en un hiver. De nombreux cols sont impraticables de novembre à juin et, même en plein été, une chute de neige est toujours possible.
De mai à septembre, le temps est souvent ensoleillé, mais imprévisible.
Le contraste entre versants occidentaux et orientaux est impressionnant : les déserts commencent dès le piémont des montagnes, voire au passage de la crête, dans les zones les plus méridionales.
Du sud vers le nord, on va du chaud et humide au froid et sec. Le désert de la Sonora, alimenté en pluies grâce à la proximité du Golfe de Californie, possède une végétation épineuse abondante. La douceur des ses températures hivernales a fait la réputation de villes telles que Yuma, Phoenix, Tucson, où viennent se réfugier les retraités, et ceux qui ont les moyens d'hiverner. En été, les orages apportent une humidité bienvenue et une couverture nuageuse momentanée, mais il fait chaud : les températures dépassent régulièrement 30 à 35° C.
Le désert de Mojave, plus haut en altitude, est aussi beaucoup plus sec, moins chaud en moyenne mais tout aussi brûlant. La Vallée de la Mort et Las Vegas s'y trouvent. Les végétaux, épineux ou maigres buissons largement espacés, laissent partout voir le sol. L'hiver, le soleil brille la plupart du temps, mais le vent peut être frais et les nuits sont froides. Les orages sont rares, mais dévastateurs. Dans ces zones arides, il est courant que la pluie s'évapore avant même de toucher le sol.
Le désert du Grand Bassin, dont l'altitude moyenne est encore plus élevée, et la latitude plus septentrionale, est un désert froid. Il reçoit plus de neige que de pluie. La plante la plus commune est l'armoise, dont le feuillage vert-de-gris couvre d'immenses étendues. L'été est ensoleillé, chaud, mais rarement brûlant. L'hiver, les températures descendent en-dessous de zéro. Hormis la traversée de Reno à Salt Lake City, par l'US 50 ou l'Interstate 80, la région n'a guère d'attrait pour les touristes.
Au sud, en s'éloignant de Golfe de Californie, le désert de la Sonora fait place au désert de Chihuahua, au niveau de la frontière entre Arizona et Nouveau-Mexique. Plus froid, plus aride, Chihuahua se prolonge jusqu'au Texas occidental. Chaud l'été, et le reste de l'année lorsqu'on est au soleil, il se rafraîchit sensiblement lorsque la nuit tombe, et devient même froid en altitude, pendant les mois d'hiver.
Au nord de la Sonora, à l'est du Mojave et du Grand Bassin, commence le Plateau du Colorado. La zone de transition s'étend sur 20 à 200 kilomètres et, selon l'endroit, on se retrouve entre 1500 et 2500 mètres plus haut que dans le désert ! En deux à trois heures de route, l'écart de température peut dépasser 30° C.
Aride sauf dans les zones les plus élevées, il reçoit neige, pluie et beaucoup de soleil. Dans la partie sud du Plateau, une petite saison des pluies affecte le ciel en février et mars. Une autre, beaucoup plus forte, s'étend de juillet à octobre, et culmine en août, au profit des végétaux et au détriment des touristes.
Les endroits les plus élevés restent longtemps enneigés et certains peuvent être inaccessibles de novembre à juin.
Au nord et à l'est du Plateau du Colorado, leurs sommets dépassent souvent 4000 mètres, et leurs stations de ski sont réputées. Les Rocheuses reçoivent l'humidité passée à haute altitude au-dessus de la Sierra Nevada, et celle qui s'est formée par l'évaporation des lacs et des petits cours d'eau du désert : on y voit souvent les nuages se former au sommet de montagnes isolées, puis se disperser, entraînés par le vent.
Plus on va vers le nord, plus les températures baissent (-45° C au Wyoming) et plus l'enneigement augmente. Les nuages peuvent obscurcir le ciel n'importe quand et, l'été, les beaux jours, d'autant plus nombreux qu'on va vers l'est et le sud, alternent avec les journées pluvieuses.
C'est un vrai climat de montagne, avec ses incertitudes et ses surprises.
A l'ouest, derrière l'écran protecteur des chaînes de montagne successives, le climat est sec, et souvent ensoleillé. Mais, dès octobre, le blizzard peut amener la neige depuis le Canada il fait lever les flocons du sol et les transporte sur des centaines de kilomètres. Sans aucun obstacle pour les arrêter, ceux-ci peuvent se déposer en couche épaisse jusqu'au sud du Colorado, voire au Nouveau-Mexique et dans le nord du Texas.
L'humidité croît en allant vers l'est, au fur et à mesure qu'on se rapproche de l'Atlantique et du Golfe du Mexique. Même si les jours ensoleillés sont nombreux, l'atmosphère est souvent voilée par un fond d'humidité.
De la mi-juin à la mi-octobre, on peut aller partout : sauf exception rarissime, les cols sont ouverts et le soleil domine. Le phénomène de "El Niño" peut engendrer des exceptions de ce genre, en provoquant des orages répétés sur les déserts d'habitude désolés. On trouvera les ciels les plus purs entre la Sierra Nevada et les Rocheuses, dans le désert et sur le Plateau du Colorado.
En hiver, mieux vaut rester dans le sud. De grands parcs, comme le Grand Canyon, Bryce, Zion, Monument Valley sont accessibles (au moins en partie), et la présence de neige ne fera qu'embellir les photos. Mais les températures descendront probablement en dessous de zéro. Malgré les journées courtes, le moment est bien choisi pour visiter Death Valley, Las Vegas, Phoenix, Tucson et les déserts du sud. Partout, les écarts de température entre jour et nuit, entre soleil et ombre sont grands.
Le début de l'automne peut être une bonne époque, dans les montagnes où les feuillages virent au jaune et au rouge. Si l'on n'a pas l'intention de se rendre à haute altitude, la fin du printemps, mai, début juin, est très agréable, sauf sur la Côte Ouest au nord de la Californie : les pluies y sont toujours abondantes. On profitera de l'éclosion des fleurs, au sol comme au sommet des cactus saguaros.
A moins que votre programme ne comporte des réceptions mondaines ou des sorties nécessitant une tenue sélecte, laissez costumes, tailleurs, cravates et talons aiguille à la maison : chemise sport, t-shirt, jean ou autre pantalon de toile, chaussures de marche ou tennis sont la règle.
L'été, on voit beaucoup de shorts plus ou moins longs, très agréables tant qu'on reste sur les sentiers battus. Si l'on a l'intention de marcher dans la Nature, un pantalon protègera mieux des épines. De plus, si l'on voit rarement des serpents à sonnette, ils ne sont pas une légende et, si vous en réveillez un par surprise, mieux vaut que ses crochets s'enfoncent dans du tissu. Le pantalon n'est pas une garantie, mais donne un peu de flou à la cible !
Une bonne veste est plus indiquée qu'un blouson léger, surtout si l'on va dans le nord. Peut-être ne servira-t-elle jamais, mais si survient un vent froid, une chute de neige précoce ou, tout simplement, une pluie durable dans la montagne, et on sera heureux d'avoir été prévoyant. Dans ces conditions, le blouson n'aurait pas suffit, alors qu'il serait resté dans la voiture lorsqu'il faisait chaud. Pas besoin de beaucoup de vêtements : il faut pouvoir se couvrir et se découvrir en fonction des besoins.
Un couvre-chef, casquette ou chapeau, protègera la peau d'un soleil intense, dont l'air dépourvu d'humidité ne freine pas le rayonnement.
© et crédit photos : America dreamZ.
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