Balboa Park


S'il est un endroit où l'on pourrait s'attarder plusieurs jours, c'est ici : les 490 hectares de Balboa Park abritent quinze musées, une colonie d'artistes, des théâtres, des restaurants, un pavillon botanique, un zoo, un terrain de "pétanque" sur gazon et pléthore de bâtiments aux architectures variées, où se mêlent baroque espagnol, sud-ouest traditionnel et structures contemporaines de verre et d'acier... Sans compter 16 parcs de stationnement !

pavillon botanique   musée d'Histoire Naturelle

Le pavillon botanique (02/03)

L'entrée du musée d'Histoire Naturelle (02/03)

Fondé en 1868, à 1500 mètres du centre des nouveaux quartiers, le parc municipal resta longtemps une simple friche protégée des promoteurs immobiliers : les ressources de la ville étaient insuffisantes pour en faire l'émule du Golden Gate Park, créé à la même époque et aménagé en quelques années. Balboa Park ne commença à prendre tournure qu'après 1909 : la Chambre de Commerce voulait fêter l'ouverture prochaine du canal de Panama par une grande foire internationale, la Panama-California Exposition.

On s'était contenté jusque là d'appeler l'endroit City Park : on chercha pour l'occasion un nom plus ronflant. Un homme symbolisait le thème de l'exposition : Vasco Nuñez de Balboa et ses 190 compagnons, après avoir taillé leur route à la machette à travers l'isthme de Panama, avaient été les premiers Européens à voir le Pacifique ! Le 29 septembre 1513, dans l'eau jusqu'à la taille, drapeau dans une main, épée dans l'autre, au nom de sa Majesté Très Catholique Ferdinand, roi d'Aragon, l'aventurier prit possession de la "Mer du Sud", rebaptisée Pacifique six ans plus tard par Magellan.

Il reste de la Panama-California deux axes perpendiculaires, bordés de bâtiments de diverses époques. Les plus anciens datent de l'exposition de 1915.

El Prado

El Prado et son architecture baroque, censée représenter les missions espagnoles : c'est sans doute vrai de celles d'Amérique Latine. Le style des missions de Californie était beaucoup plus simple (02/03)

Une deuxième foire internationale, la California-Pacific, eut lieu en 1935 : ses constructions, d'aspect plus classique pour la région, prolongent l'axe nord-sud. Ces manifestations terminées, certains bâtiments furent aménagés pour de nouvelles fonctions et d'autres furent remplacés par des constructions plus modernes. Centre de l'exposition de 1915, la Place de Panama reste celui du Balboa Park, malgré de nombreux accès nouveaux : c'est là qu'est le "Visitors Center", où l'on trouvera une carte des lieux, fort utile dans un endroit aussi étendu, au plan rythmé par la topographie et les apports successifs.

Le Cid   Spreckels Organ Pavilion

Le Cid accueille les visiteurs sur la place de Panama (02/03)

Au fond, les colonnes du Spreckels Organ Pavilion, offert en 1914 par John et Adolf Spreckels. L'orgue a plus de 2400 tuyaux. Plus de 2000 personnes peuvent venir écouter les concerts dominicaux, et ceux du festival tenu de la mi-juin à la fin août (02/03)

Le clocher de soixante mètres et le dôme bleu nuit décoré d'astres du Museum of Man attirent tout de suite l'attention. Echafaudage tarabiscoté de roman et de gothique, orné de colonnes et de statues, ce bâtiment au style d'église coloniale abritait l'administration de la première exposition.

Musée de l'Homme

L'entrée du "Musée de l'Homme". Un carillon de cent cloches sonne tous les quarts d'heure (02/03)

Ses pièces maîtresses viennent d'Amérique Centrale : stèles décorées de bas-reliefs, vaisselles, poteries et statuettes aux visages torturés, typiques des civilisations précolombiennes d'Amérique Centrale.

statuettes   assiette

Faut-il attribuer ces faciès à des hommes ou à des animaux ? (02/03)

Décor d'une assiette estimée vieille de 1100 à 1400 ans (02/03)

Les stèles ont leur origine dans la cité maya en ruines de Quiriga, au Guatemala. Ramener ces pierres de plusieurs tonnes, hautes de quelques mètres, à travers la jungle était impossible avec les moyens de 1914 : l'expédition d'archéologues en fit des moulages précis et reconstitua les monuments à San Diego. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, l'US Navy réquisitionna le Museum of Man pour abriter un hôpital. Trop lourdes pour être déplacées, les stèles furent dissimulées derrière un mur bâti pour la circonstance. L'ingéniosité des marins désoeuvrés semble sans limite : non seulement ils découvrirent les monuments, mais trouvèrent amusant de les scier en trois ! A quelque chose malheur est bon : cette présence militaire eut l'avantage d'apporter au musée des pièces venues d'Océanie, ramenées par les officiers.

stèles

Les stèles (02/03)

Plus proches dans le temps et l'espace, les tribus du Sud-Ouest sont représentées par des armes, des outils, des ustensiles, des peintures rupestres... Les Kumeyaay vivaient ici à l'arrivée des Espagnols, en 1769 : comme pour les autres tribus de la côte, la vie des missions changea profondément leur existence et leur fit perdre rapidement une part de leur identité. Les missions disparurent, soixante à soixante-dix ans après la fondation de San Diego, et leurs indiens durent s'intégrer à la population mexicaine. Pourtant, la tribu subsista, et fut capable de signer le traité de Santa Ysabel avec les Américains, en 1852. Apparentés aux Luiseños de la mission San Luis Rey de Francia, au sud de Los Angeles, les Kumeyaay, nommés Degueños par les franciscains, possèdent aujourd'hui treize réserves dans le comté de San Diego. La galerie présente leur mode de vie avant l'arrivée des moines, leurs savoir-faire, leurs outils, leurs ustensiles, leurs vêtements, leurs aliments...

Berceaux indiens

Berceaux indiens (02/03)

Le Museum of Man possède également une collection d'antiquités égyptiennes, offerte par Ellen Browning Scripps. En mezzanine, une galerie de l'évolution montre aux enfants des outils, des crânes et une réplique probable de Lucy.

évolution du crâne humain

A la galerie de l'évolution, celle du crâne humain (02/03)

A l'annexe, en face de l'entrée monumentale, on peut déguster des nourritures mexicaines préparées sur place. Chaque année, au mois de juin, le Museum tient une Foire Indienne, où des tribus du Sud-Ouest viennent vendre leur artisanat et dansent pour le public.

Museum of Man

Révélateur de l'âme mexicaine, le stand le plus inattendu du Museum of Man (02/03)

Le San Diego Model Railroad Museum ne laisse insensible ni les enfants, ni les adultes : quatre réseaux miniatures s'y affrontent, et une galerie est consacrée aux trains jouets.

San Diego Model Railroad Museum

Qui n'a jamais rêvé de posséder un tel circuit ? (02/03)

Le San Diego & Arizona Eastern, le Southern Pacific-Santa Fe Tehachapi Pass sont les répliques de lignes véritables à l'échelle HO (1/87me). Le Pacific Desert Lines aurait pu exister : les plans étaient faits, et ont guidé la construction de la maquette au 1/160me. Assisté par un ordinateur, il se contente d'un seul "mécanicien" pour actionner ses aiguillages et faire circuler plusieurs trains en même temps. Le dernier, le Cabrillo and Southwestern, seul créé de toutes pièces à l'échelle 1/48me, s'étale sur 230 m2 !

Cabrillo & Southwestern

Cabrillo & Southwestern (02/03)

Tout y est : gares, villages, puits de mine, usines, tunnels, viaducs... Certains décors, minutieusement peaufinés, pourraient probablement servir à des trucages de cinéma !

Goat Canyon Trestle Goat Canyon Trestle

Goat Canyon Trestle, extraordinaire assemblage de minuscules madriers au 1/87me ! (02/03)

Et qui commande aux feux de circulation, aiguille, arrête, relance, ouvre et ferme les ponts mobiles ? Qui a construit tout cela ? Qui s'amuse ? Pas des enfants, mais des adultes bénévoles dont beaucoup profitent de leur retraite pour rattraper le temps perdu... Membres des clubs de modélisme de la région, ils ont accompli cet immense travail et continuent d'en parfaire les détails et d'en perfectionner le fonctionnement.

San Diego Model Railroad Museum

Et l'on dit que des retraités s'ennuient ? (03/02)

Ni le train, ni l'anthropologie ne vous attirent ? Aucun problème : ici, il y en a pour tous les goûts ! Les amateurs d'art n'auront que l'embarras du choix : Mingei, Museum of Art, of Photographic Arts, Timken, surnommé la Boite à Bijoux, où figurent Breugel, Rembrandt, Véronèse, Claude et David, ainsi que Museum of the Living Artist. Les fans de mécanique trouveront au Musée de l'Automobile ou à celui de l'Espace matière à s'extasier et les amoureux du spectacle auront à choisir entre marionnettes de Marie Hitchcock, Junior Theatre, WorldBeat Center, Old Globe, Reuben H. Fleet Science Center, Spreckels Organ Pavilion et Starlight Theatre at Starlight Bowl !

Mingei Museum

Devant le Mingei Museum, le Nikigator, de Niki de Saint Phalle. Mingei est un néologisme tiré du japonais pour désigner l'art populaire : le musée se consacre aux arts essentiels. (02/03)

Les curieux des cultures du Monde se tourneront vers le Centro Cultural de la Raza, ou la House of Pacific Relations ; les amoureux d'Histoire iront au Museum of San Diego History, au Veterans Museum and Memorial Center, à l'immeuble des Nations Unies, ou encore à Marston House, maison du fondateur de la Société Historique locale et du parc régional d'Anza-Borrego. Quant aux passionnés de sciences et de Nature, ils trouveront aux Musée d'Histoire Naturelle plus de sept millions de fossiles, roches, insectes, reptiles, oiseaux, invertébrés et mammifères, et projeté sur écran géant, un film sur la Basse Californie et la mer de Cortez. Le Hall of Champions comblera les sportifs. Après de quelques heures de visite, une tasse de thé parmi les bonsaï et les carpes du Japanese Friendship Garden sera bienvenue pour délasser leurs jambes. Et, pour les jours de beau temps, le parc possède aussi un zoo, un pavillon botanique et onze jardins de styles différents !

figuier

Ce figuier de Moreton Bay vient d'Australie. Le climat semble lui profiter : planté en 1914, il a développé un tronc de 4 mètres de diamètre, en a 21 de hauteur et étend son feuillage sur quelques 1000 m2 (02/03)

De caractère indéniablement méditerranéen, Spanish Village Art Center est un ensemble d'une trentaine de bâtiments bas aux formes douces : après la lourde architecture baroque, on le trouve fort accueillant. Certains objets peuvent donner l'envie de délier les cordons de sa bourse, mais pour que l'ambiance devienne un tant soit peu espagnole, il y faudrait quelques hispaniques : il semble qu'il n'y ait ici que des anglo-saxons ! Bâti pour l'exposition des années 30, Spanish Village est classé monument historique.

Spanish Village

Spanish Village (02/03)

A quelques pas, conduit par un chauffeur en tenue traditionnelle, salopette et casquettes rayées de bleu et blanc, un petit train emmène enfants et parents sur une boucle en forme de 8 : des trois, on se demande qui y prend le plus de plaisir. Les amateurs ne s'y tromperont pas ! La locomotive est une réplique au cinquième d'une motrice diesel fabriquée par General Motors. Le zoo est juste après.

Balboa Park est, sans doute, un symbole de l'évolution de la ville : pendant près de cent ans, elle ne fut qu'une simple garnison, puis un minuscule pueblo de quelques centaines d'habitants. Le siècle suivant en fit une métropole.


Site officiel : http://www.balboapark.org

Site du Museum of man : http://www.museumofman.org/

Site du Musée du train miniature : http://www.sdmodelrailroadm.com

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