La Purisima Mission State Historical Park


Situation


A Lompoc, la "Mision de la Concepcion Purisima de Maria Santisima" fut en partie reconstruite par le Civilian Conservation Corps : pour donner du travail aux jeunes Américains sinistrés par la Grande Dépression, Franklin Delano Roosevelt avait entrepris d'employer les chômeurs à de grands travaux nationaux, des investissements à long terme tels que le reboisement, le drainage des terres, la reconstruction de lieux historiques et l'aménagement des parcs nationaux. Malgré la disparition du "Corps" pendant la Deuxième Guerre Mondiale, les travaux furent poursuivis et la reconstruction de la Purisima Concepcion, commencée en 1935, fut achevée en 1951. Pour en préserver l'authenticité, on utilisa les mêmes techniques qu'avaient autrefois employé les moines.

Fondée en décembre 1787, Purisima Concepcion fut d'abord construite au sud de la vallée de la Santa Ynez. A la fin de 1812, un tremblement de terre suivi de pluies diluviennes la détruisit entièrement : il en reste quelques ruines à Lompoc. Quatre mois plus tard, la construction de nouveaux bâtiments commençait au nord de la rivière. Pour résister aux séismes, les murs seraient renforcés et bâtis selon un plan original : elle est la seule mission de Californie construite toute en longueur, au lieu d'encadrer une cour intérieure.

Lompoc existait déjà à quelques kilomètres : aucun village ne s'est développé sur le nouvel emplacement, et la mission rénovée s'étale sur quatre cents hectares dans la Cañada de los Berros, le Vallon du cresson. Champs et prairies occupent le fond de la vallée, large de quelques centaines de mètres, entre les collines vêtues de chênes et de pins.

une acequia

Toute en longueur ! Au premier plan, une acequia (02/02)

Tout ce qui faisait la vie de la mission est là : les longues maisons des moines et des soldats, les quartiers des indiens et celui où dormaient les filles et les femmes seules. Les ateliers de tissage et de sellerie, la forge sont équipés de leur matériel. Les fours à pain et les cuisines pourraient cuire, la presse à olives donner de l'huile. Seuls les fourneaux où l'on extrayait le suif sont en ruine, mais on en a construit un à coté à titre d'exemple. Ce suif, comme le cuir, était vendu aux bateaux, marchands ou contrebandiers, venus commercer sur la côte voisine.

Fourneau à suif   Rouet et métier

Fourneau à suif (02/02)

Rouet et métier (02/02)

four à pain

Un des fours à pain (02/02)

Même l'ancienne alimentation en eau fonctionne : les sources, captées quelques kilomètres en amont, sont détournées vers un petit bâtiment où l'eau est filtrée dans le sable, et assainie au charbon de bois. De là, elle est conduite à la fontaine d'eau potable, puis au lavoir. Elle coule ensuite vers une citerne, où elle décantera. Enfin, elle pourra irriguer champs et jardins.

Le filtrage a lieu dans cet édifice   la fontaine d'eau potable

Le filtrage a lieu dans cet édifice (02/02)

Au premier plan, la fontaine d'eau potable.
A l'arrière, le lavoir (02/02)

Avant la fin du XVIIIme siècle, mille indiens, deux franciscains et quelques soldats occupent la mission, riche de quatre mille têtes de bétail, douze mille moutons et onze cents cinquante chevaux. En 1804, plus de 1500 indiens y vivent : ils appartiennent à la tribu des Chumash.

Animaux

Dans cet enclos, on a rassemblé les animaux de même race que ceux de la mission (02/02)

Les visiteurs de l'époque s'accordent à dire que les indiens n'étaient pas heureux dans les missions : La Pérouse compare ce qu'il voit à une plantation tropicale et ses esclaves. Les indiens marchent tête basse, ne regardent pas leurs interlocuteurs... Au commencement, attirés par ces nouvelles richesses, ils viennent. Par intérêt, peut-être, beaucoup se font baptiser, pour ne découvrir qu'ensuite qu'ils sont entré dans une sorte d'esclavage moral : sous prétexte de sauver leur âme, les missionnaires l'ont asservie.

Les amérindiens n'avaient pas d'immunité contre les maladies importées d'Europe : variole, rougeole... En une épidemie, sur les mille résidents d'une mission, trois cents meurent ! Le mal se répand, détruit les structures des tribus et de nouveaux indiens, désorientés par l'hécatombe, privés de famille, d'amis, de chefs, vont chercher refuge dans les missions : le nombre des indiens "civilisés" croît jusqu'en 1803, où il atteint vingt mille. Maladie, misère et désespoir poursuivent l'oeuvre, et leur population se résorbe, fond, disparaît presque.

Les Mexicains, portés par leur révolution, emplis des idéaux du Siècle des Lumières, sécularisent les missions, mais ne feront rien de plus pour les indiens que de les rendre à eux-mêmes, dans un monde qu'ils ne comprennent pas. Encore Espagnols et Mexicains leur reconnaissaient-ils une âme : ce ne sera pas le cas des Américains qui viendront après eux !

péristyle du bâtiment principal   Une chambre

Le péristyle du bâtiment principal (02/02)

Une chambre (02/02)

La mission, dans sa simplicité, évoque une vie agreste et naturelle. Tout semble y exprimer la douceur de vivre, du travail quotidien, d'une sorte de plénitude heureuse. Pour que le tableau soit complet, il y faudrait les interminables messes en latin, le claquement des coups de fouet, les villages de huttes, les ombres sans joie et les robes des moines, qui semblent n'avoir pas été beaucoup plus heureux que leurs ouailles.


Temps minimum : 1 h 30


Site officiel de la Mission : http://www.parks.ca.gov/default.asp?page_id=598


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