"L'Ouest est une région de l'esprit : il est immortel". Cette phrase d'un poète américain est l'essence du Museum of the American West. Indiens, cow-boys, missionnaires, colons, soldats, pionniers : avant même l'invention du cinéma, grâce aux journaux et aux romans à 10 sous, comme Davy Crockett, Wyatt Earp, Kit Carson, Buffalo Bill Cody, Cochise, Billy the Kid, on pouvait, de son vivant, devenir légendaire... jusqu'en Europe. Loin des paysans asservis du Vieux Monde, des ouvriers indigents exploités dans l'industrie naissante voire, même, d'une condition dont on savait qu'on ne pourrait sortir, existait un pays où, en allant vers l'ouest, on avait quelques chances de faire mieux. Ou d'y laisser sa peau. N'était-ce pas préférable, au fond, à l'oppression ou la famine ? Cette quête de liberté est immortalisée dans la Conquête de l'Ouest.

Roy Rogers reste dans les mémoires des jeunes téléspectateurs des années 1960. Premier cow-boy chantant de l'Histoire du cinéma, Gene Autry, qui n'eut pas l'honneur de nos petits écrans, est beaucoup moins connu en France. Comédien, chanteur, homme de scène, de radio et de télévision, il a, pour chacune de ces activités, cinq étoiles sur le Hollywood Walk of Fame. Employé du télégraphe, guitariste et chanteur dans les bals du samedi soir, il eut la chance d'être entendu, en 1928, par le plus célèbre humoriste américain du début du XXme siècle. Descendant de Cherokees, cowboy expert au lasso, aventurier, acteur et même, une fois, candidat pour rire à l'élection présidentielle, la Route 66 porte son nom : Will Rogers Highway.
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Will Rogers for president... |
...et ses spectaculaires éperons de gala (05/08) |
Will Rogers conseilla au jeune homme de tenter sa chance à la radio. L'année suivante, le Cowboy Chantant se produisait sur une antenne de Chicago, parmi les premières spécialisées dans la musique country. A 28 ans, il avait un premier rôle au cinéma. A 33, son émission à la radio : Melody Ranch. Il en transmit le nom à une véritable propriété agricole, achetée en 1952 au nord de Los Angeles. Melody Ranch servit au tournage de plusieurs films, mais brûla dix ans après son acquisition. Gene Autry avait projeté d'en faire un musée : il ne renonça pas. Sur un terrain à la limite de Griffith Park, juste à côté du zoo de Los Angeles, son Museum of the American West ouvrit en 1988.

Gene Autry, le Cow-boy Chantant et son cheval : Champion. La statue porte le nom de sa chanson de marque : "Back in the Saddle Again" (05/08)
Cette année là, Gene fêtait ses 81 ans. En 59 années de métier, il avait accumulé une impressionnante collection d'objets liés à l'Ouest américain : reliques du cinéma et du spectacle, bien sur, mais aussi objets usuels du Melody Ranch, trouvailles faites ici ou là, coups de cœur...Il n'était pas assez imbu de lui-même pour limiter son musée à une auto-promotion tardive : les collections dépassaient largement ses propres costumes de scène, objets personnels et même simples souvenirs. Depuis sa création, le musée a évolué, acquis de nouvelles pièces, et il ne s'est pas arrêté là !
Moins de 15 kilomètres au sud-est, le Southwest Museum of the American Indian, inauguré en 1914, dépérissait. Malgré d'exceptionnelles collections indiennes, il ne parvint pas à conserver son indépendance : repris en 2003 par le Musée de l'Ouest américain, tous deux associés à l'Institute for the Study of the American West sont désormais géré par une holding, l'Autry National Center of the American West.

Autry National Center : l'entrée principale (05/08)
Passés le porche aux allures de mission espagnole, la grande cour avec sa statue, la porte du musée lui-même, un hall entouré de salles d'exposition forme le rez-de-chaussée : au centre, une série de guichets.
Ce double corridor coupe le rez-de-chaussée en deux sur toute sa longueur, jusqu'à un escalier adossé au mur du fond. Au niveau inférieur, les trois murs libres sont ornées d'une longue fresque, représentation figurative d'épisodes et de personnages symboliques de l'Histoire de l'Ouest.

Un pan de la fresque, où l'on reconnaît Billy the Kid (05/08)
A l'arrière, une porte ouvre sur un patio en plein air nommé Trails West, aménagé en une sorte d'oasis, avec cascade artificelle, rochers et végétaux du désert. Les enfants peuvent y grimper dans une diligence, et laver de l'or à la battée, au-dessus d'un bac rempli de sable et d'eau.

Qui pourrait oublier que la Ruée vers l'or a peuplé la Californie ? (05/08)
Cette coupure entre les salles du rez-de-chaussée rompt la continuité de la visite et, lorsqu'on aperçoit l'escalier, on hésite... Traverser ? Descendre tout de suite ? Mieux vaut descendre : reconduit vers l'entrée par la succession des galeries, on pourrait repartir sans avoir vu les salles du bas, et elles ne sont pas les moins intéressantes.
D'exposition temporaire en collections permanentes, on passe devant des pièces très éclectiques, du tableau de maître à l'affiche de cinéma, de la propagande électorale aux articles de journaux, du revolver d'un héros de légende à une vitrine remplie d'une superbe collection de Colts. Que ce soit le panneau aux différents types de barbelés, le bar à miroir au fronton sculpté supporté par des cariatides, la flute indienne, l'uniforme de gala de la musique militaire et ses instruments ou la voiture de pompier hippomobile, les 13000 m² du musée offrent assez pour y passer plusieurs heures, et même revenir, si l'on s'attache aux détails ou un sujet particulier.

Il ne manque que Droopy et une horde de loups assoiffés ! (05/08)
A gauche de l'entrée, la "George Montgomery Gallery" et la Showcase Gallery acceuillent les expositions temporaires. Pour le reste, chaque niveau est divisé en plusieurs sections, chacune liée à un thème :
Espagnol puis américain, sa vie et son évolution à travers les siècles, ses outils, son équipement, ses oripeaux, le rodéo...
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Eperons mexicains à "jinglebobs" (05/08) |
Yakima Canutt, vrai cow-boy souvent second rôle dans les films avec John Wayne (05/08) |

Le chuckwagon : la roulante du cuisinier suivait la dizaine de cow-boys chargés de pousser plusieurs milliers de bêtes à cornes vers les marchés de l'Est (05/08)
Les guerres indiennes après la Guerre de Sécession, y compris des reliques de la bataille de Litlle Bighorn, et tout ce qui servit à investir l'espace quasiment vide entre le Mississippi et l'Océan Pacifique.
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Trousse de toilette d'officier (05/08) |
Calumet cheyenne (05/08) |
L'émigration vers l'Ouest, les ruées vers l'or, la diligence...

California Stage Company : la société naquit avec la Ruée vers l'or, pour transporter les mineurs vers les placers. Serrés comme des sardines en boite, les passagers devaient malgré tout garder une partie de leurs bagages sur leurs genoux. Ces diligences furent régulièrement attaquées par Black Bart (05/08)
le terme de communauté prend ici deux sens, celui de collectivité, pour désigner le village ou le quartier, et celui de communauté, pour désigner une race, une ethnie ou une confession. Cette salle donne une vision de la vie de plusieurs de ces "communautés" à la fin du XIXme siècle.
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Le premier juke-box, inventé par la firme de Thomas Edison. Pour 10 cents, on pouvait choisir entre 24 enregistrements sur cire (05/08) |
La Winchester de Billy le Kid et la montre de gousset de Pat Garrett (05/08) |
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Tenue nuptiale d'une femme osage, haut-de-forme inclus (05/08) |
Les vêtements des Mexicains (05/08) |
Des peintres, des comédiens, des spectacles ont sublimé l'Ouest américain, inventé des héros, et transmis au Monde une vision souvent faussée du pays et de ses habitants.

Un pistolet d'Annie Oakley, exceptionnelle championne de tir qui se produisit dans le Wild West Show de Buffalo Bill (05/08)


Romantique vision du bon sauvage (05/08)
Après le roman, le cinéma s'empare du mythe. Le western naît et, avec lui, un autre cow-boy, expert au pistolet, souvent justicier, très différent du gardien de troupeaux. Au gré des imaginations, le concept s'étend à d'autres domaines, souvent bien différents.
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Chemises et gilets de Dale Evans, la compagne de Roy Rogers (05/08) |
John Wayne portait cette veste dans "Une bible et un fusil" (Rooster Cogburn), avec Katharine Hepburn : en la voyant, on réalise que c'était un colosse (05/08) |

Fausse affiche de cinéma : la chute du communisme en Russie. Free Enterprise presents... (05/08)

Véritable affiche de cinéma : Le Droit d'asile (The Silent Man), avec William Hart, sortit un mois après le début de la Révolution d'Octobre. Bien que l'action se passe dans le désert, il s'appelle, en russe, "Les Pillards de Floride" (05/08)
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Une vitrine consacrée au fondateur... |
... et une pour son concurrent et ami Monte Hale (05/08) |
De salle en salle, la transition est douce et, n'était le passage réservé à travers une cloison, on ne s'apercevrait pas tout de suite que le thème a changé.
A eux deux, le Southwest Museum of the American Indian et le Museum of the American West possèdent plus de 250 000 objets liés aux indiens et à l'Ouest américain. Le "Southwest" ne respectait pas les normes parasismiques, sévères en Californie : il est fermé pour une mise à niveau, qui doit durer plusieurs années. Il est régulièrement question de transférer une partie de ses collections, pour les exposer à Griffith Park. Le sujet fait débat, entre la ville de Los Angeles, l'association des Amis du Southwest Museum, véritable monument historique, et la direction de l'Autry Center. Souhaitons que ces deux musées subsistent et prospèrent, pour le plaisir et la culture de leurs visiteurs.

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Temps minimum : 1h30
Site officiel : http://theautry.org
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© et crédit photos : America dreamZ.
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