
Death Valley : la Vallée de la Mort ! Nourri par le western et la bande dessinée, le nom évoque les crânes blanchis de boeufs morts sous le harnais, les croix sommaires de tombes éparpillées dans le désert, l'illusion de mirages lointains qui tremblent dans l'air brûlant. Lorsque, enfin, les malheureux voyageurs trouvent l'eau d'un bleu de ciel sur le sol jaune, ce ne sont que mares empoisonnées bordées de rameaux desséchés.
Qui, en regardant ce désert, ses fonds blancs de sel, sa végétation dispersée, les flancs nus de ses montagnes, qui irait imaginer qu'il y a 11 000 ans, il était couvert de 150 ou 180 mètres d'eau ? Plusieurs lacs, très étendus ou simples marécages selon l'époque, se succédèrent pendant 240 000 ans. Le dernier disparut il y a 5 000 ans, mais aussi récemment qu'en 1969, des précipitations exceptionnelles emplirent le bassin de Badwater de près d'un mètre d'eau : on vit alors, original ou farceur, un batelier de circonstance s'y déplacer à la rame ! Au flanc des montagnes, pris entre les strates de roches déposées à d'autres époques, on voit encore des bancs de galets incrustés dans une gangue calcaire : ces anciennes plages marquent l'emplacement du plus grand lac ayant occupé la vallée. Les géologues l'ont baptisé "Lake Manly".
Death Valley est le plus grand parc national américain : 13 340 km2. Deux cents kilomètres de long et quatre-vingt de large en suivant les routes. Si l'on prend en compte les routes secondaires et les pistes de terre, il offre près de mille kilomètres de voies, au long desquelles sont disséminés une bonne trentaine de points d'intérêt, dont l'attrait change selon l'heure, l'exposition au soleil et l'intérêt qu'on porte aux choses. Le parc est un concentré de désert _on l'a qualifié de musée en plein air, comme le lieu où aboutiraient les régions voisines, elles-mêmes fort peu engageantes... lorsqu'on pense à la simple survie ! La roche, jaune, blanche, rouge, vert-de-gris, ocre, est nue. Seuls quelques buissons épars, un cactus ici ou là, les Joshua Trees sur certaines pentes, semblent pouvoir vivre ici. Tout autre végétal n'est qu'apport humain.

Cottontop cactus, au sommet des Black Mountains, 1650 m d'altitude (02/02)
La vallée se compose de trois parties, à peu près alignées : au centre, les montagnes s'écartent autour d'une large cuvette, dont les versants en pente douce convergent vers les grandes nappes de sels qui occupent le fond des bassins. Aux deux extrémités, les montagnes se resserrent : l'ensemble fait penser à la nef d'un bateau. Cette tranchée entre deux chaînes de montagne s'est formée lors du basculement de deux blocs, à l'origine horizontaux. Comme les lames d'un store dont l'une aurait prolongé l'autre, ils ont tourné simultanément. Mais ici, point de jour entre les lames : l'affaissement du terrain entre les blocs a été tel que le point le plus bas de la vallée est, au début du XXIme siècle, quatre vingt six mètres au-dessous du niveau de la mer ! A l'ouest, Telescope Peak le domine de 3445 mètres. Les lames continuent de tourner, le pic de s'élever, et le fond de descendre lentement. Le bassin, long de trois cents kilomètres et qui atteint trente-deux de large, paraît complètement enfermée entre les chaînes des Panamint et de l'Amargosa : on n'est pas surpris que des chariots n'aient pu trouver une voie de salut à travers les montagnes.
Deux ruisseaux, Furnace Creek à l'eau douce, et Salt Creek au goût amer, courent dans la vallée. Quelques sources jaillissent, au débit faible et variable, et de rares puits atteignent une nappe phréatique évanescente. Ailleurs, seul le sel semble couler vers de grandes mares blanches, avec une lenteur minérale.

Un monde de sel (02/02)
Ce désert est pourtant, depuis plus d'un siècle, la centre d'une vie intense. Aujourd'hui, les touristes forment une véritable petite ville à Furnace Creek : hôtels, mobile homes et caravanes s'y entassent, quelle que soit la saison. Il y a même une poste et un terrain de golf. Au XIXme siècle, l'exploitation du borax provoqua la première occupation permanente et fut à l'origine du village.
Albert Johnson, un riche assureur de Chicago, s'offrit avant la Grande Dépression un ranch au nord de la vallée. Il y venait l'hiver, et y avait souvent un invité, Walter Scott. Le personnage n'a rien à voir avec l'auteur d'Ivanhoé, mort en 1832 : il se prétendait prospecteur, mais resta toujours si discret au sujet de sa mine que tout le monde savait bien qu'elle n'existait pas. Ancien acteur du Wild West Show de Buffalo Bill, Scotty était hâbleur, fantaisiste... Johnson l'avait pris en amitié. Albert Johnson mourut en 1948, Death Valley Scotty en 1954. Ces six années furent les seules où il occupa le "château" à plein temps, mais suffirent à créer sa légende : la maison de maître porte désormais le nom de Scotty's Castle.
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Scotty's Castle (06/94) |
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Treize kilomètres à l'ouest de Scotty's Castle se trouve le cratère d'Ubehebe (prononcer Ou-bii-ii-bii), rouge aux lèvres sombres et, derrière une crête, toute une séquelle de petits cratères adjacents. Le cône bas, de loin, se confond avec les plis du terrain.
Ici, le magma, en remontant, rencontra une nappe phréatique : la pression s'éleva suffisamment pour cisailler plusieurs dizaines de mètres de roche, et les explosions projetèrent en l'air quelques millions de mètres cubes de terre mêlée de lave. Un nuage brûlant balaya la région, plaquant une couche de fins débris sur la face des roches tournée vers le cratère. Les bords, autour du trou conique, sont légèrement relevés, et rehaussés de plus de vingt mètres de cendres : les sols ravagés par l'explosion sont rougeâtres, et les cendres s'empilent au-dessus d'eux en strates sombres, séparés par des couches du terrain originel.
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Le cratère d'Ubehebe : 730 m de diamètre, 236 m au plus profond (02/02) |
Dans la couche sombre, les strates alternées des roches et des cendres éjectées par l'explosion (06/94) |
En quittant Ubehebe, ne reprenez pas la route goudronnée. Au sud, une quarantaine de kilomètres de piste vous conduiront à "Racetrack Playa", le Champ de Course, ou Stade, où vous verrez un phénomène des plus étonnants. Sur le fond d'un ancien lac, dont la surface complètement nue n'a que 4.5 cm de pente en 4500 mètres, des pierres bougent sans raison apparente. On l'a découvert par le sillage qu'elles laissent derrière elles, imprimé dans le sol.
Si course il y a, c'est assurément la plus lente du monde : ces rocs _certains pèsent près de cinquante kilos, restent immobiles pendant plusieurs mois, plusieurs années : une longue étude a montré qu'ils ne se déplacent en moyenne que tous les deux ou trois ans. Puis, un beau jour, lorsqu'une pluie récente a transformé le sol en patinoire, le vent se lève...

Celle-ci semble avoir fait demi-tour, après quelques hésitations. On voit bien, devant elle, le monticule qu'elle a levé dans sa course. (06/02)
Ces pierres, pense-t-on, dévalent la pente d'une colline, commencent à glisser dans l'élan de leur chute... s'arrêtent... sont reprises par le vent quelques années plus tard... Les sillages les plus longs, où l'on décèle plusieurs étapes, dépassent six cents mètres ! Le temps, la pluie, effacent les plus anciens : beaucoup commencent au milieu de la playa. Certains sont presque rectilignes : les aspérités à la base de la pierre guident leur course comme la dérive d'un bateau. Celles qui reposent sur une surface lisse ont des trajectoires sinueuses, ordonnées au gré des vents : on voit des demi-tours, des frémissements sur place, des sillages en arc de cercle animés de curieux zigzags...
Une aire de stationnement a été aménagée au sud de Racetrack Playa : de là, il faut aller chercher les traces à pied. C'est à la base de la colline la plus méridionale que vous en verrez le plus grand nombre. Si le sol est humide, évitez de vous aventurer dans la boue : vos empreintes resteraient plusieurs années, risqueraient de modifier la course des pierres, et perturberaient le travail des scientifiques. Les altérations de cette surface quasiment vierge est, de plus, choquante pour l'oeil !
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Racetrack Playa (06/02) |
Combien lui fallut-il d'années pour faire ce trajet ? (06/02) |
Pour rejoindre l'US 190, qui vous ramène vers le parc, il faut revenir en arrière de quelques kilomètres, puis obliquer vers le sud à Teakettle Junction. Vous reconnaîtrez facilement l'endroit : des théières sont pendues sous le panneau. L'ensemble vous prendra de trois à quatre heures. Sur ces routes de terre, vous serez beaucoup plus à l'aise avec un 4x4, mais elles sont normalement praticables avec une voiture ordinaire. Mieux vaut toutefois s'en méfier en hiver : vous pourriez être arrêtés par la boue ou la neige.

La troisième voie : Lippincott Road, où seuls passent les 4x4. Au fond, le vent de sable lève une brume de poussière, qui a obscurci le ciel pendant deux jours (06/02)
Au nord de Stovepipe Wells se trouve un champ de dunes, accessible mais éloigné de la route. L'erg couvre soixante-cinq kilomètres carrés. Le jeu des vents, qui changent au fil des saisons, modifie son aspect, mais leur équilibre est suffisant pour le maintenir en place. Le sable se prolonge en une plaine où des buissons, en touffes régulièrement espacées, ont fait penser les premiers occupants à des meules de paille : ils ont surnommé l'endroit "Devil's Cornfield", le Champ du Diable. Le sable s'accumule entre les tiges, et les touffes tendent naturellement à s'élever, jusqu'à ce que leurs racines deviennent trop courtes pour atteindre la nappe phréatique.

Les dunes de Stovepipe Wells (06/02)
Vous voici à la patte d'oie des routes de Californie 190, 267 et 374 : vers le nord, en suivant la 267, vous retourneriez à Scotty's Castle. La 374 mène à Beatty, Nevada, qui a le mérite de posséder 160 chambres d'hôtel, tout en n'étant qu'à une soixantaine de kilomètres du parc. Si vous y avez dormi, et que vous disposez d'un 4x4, entrez dans la parc par Titus Canyon, un défilé au fond plat où la circulation n'est autorisée que d'est en ouest, tellement il est étroit et sinueux. Vous y prendrez un coup de jeune : les flancs du canyon, des calcaires formés dans l'océan lorsque la région était encore submergée, sont vieux de plus de 500 millions d'années ! Avant d'entrer dans le canyon, vous serez passé au long de deux villes fantômes : Rhyolite au Nevada et Leadfield, juste après le col.
La Ca 190 mène au sud. Un panneau vous invite bientôt à profiter de la "Salt Creek Interpretive Trail", où une piste jalonnée de panneaux informatifs a été aménagée sur quelques centaines de mètres. Si on vous disait qu'il y a des poissons dans la Vallée de la Mort, le croiriez-vous ? Non ? Pourtant...
Lorsque le grand lac se résorba, certains cyprinidés s'adaptèrent aux nouvelles conditions de vie : froid glacial des nuits d'hiver, chaleur étouffante en plein été, eau presque inexistante... Cinq espèces de " pupfish " vivent dans Death Valley : l'une survit à des eaux six fois plus salées que celle de l'océan; une autre supporte des températures supérieures à 40° Celsius. Les oiseaux de passage se régalent de ces petits poissons, qui ne mesurent que deux ou trois centimètres. Malgré tout, depuis 5000 ans, les patients pupfishes ont réussi à se maintenir, animés peut-être de la muette certitude qu'un jour, l'eau reviendra !

Salt Creek Interpretive Trail. Février est le mois pluvieux de l'année : en moyenne 8 mm d'eau. La fonte des neiges ajoute sa quote-part (02/02)
Lors du retrait du Lake Manly, les carbonates cristallisèrent les premiers. D'autres sels se déposèrent un à un, les moins solubles d'abord. Le chlorure de sodium, notre sel de table, vint en dernier : il occupe la moitié de la surface des bassins. Autour de lui, on a compté jusqu'à quarante anneaux de sels différents.
Cottonball Basin contient du borax. Celui-ci se présente sous la forme de nodules blanchâtres, qui rappellent la fleur du coton. On en extrait le bore, utilisé aujourd'hui pour les flux de soudage, et qui servait autrefois à la fabrication du verre et des savons. La boue contenant les "cottonballs" était recueillie par des ouvriers chinois, et raffinée dans l'usine des "Harmony Borax Works", dont les ruines sont encore ici, au sud de Cottonball Basin. Il n'y a là que quelques murs, une vieille chaudière, et une paire de grands tombereaux attelés à une citerne.
Seules des pistes de terre desservaient la vallée : on transportait le borax dans ces grands chariots attelés de vingt mules, une vingtaine de tonnes qu'il fallait tirer jusqu'à Mojave, 265 kilomètres au sud-ouest. On essaya, après 1890, de remplacer les animaux par la vapeur : la machine, trop lourde, trop fragile, rendit bientôt leur place aux animaux, qui durent finalement céder devant le chemin de fer. Surnommée Old Dinah, en piteux état, le tricycle locomobile est exposé près du "Visitor Center" de Furnace Creek. Avant de quitter Harmony, vous pourrez voir les terres jaunes de Mustard Canyon.

Old Dinah et ses deux camions (02/02)
Des arbres ! Verts ! Voici le "Visitor Center" de Furnace Creek. Vous êtes au centre de la vallée : vous y trouverez de l'essence, un restaurant, un magasin, un musée, la poste et deux hôtels. Entrez un moment au Borax Museum. Découvrez comment on exploitait le minerai, à une époque où les machines étaient rares et peu perfectionnées, ainsi qu'une jolie collection de minéraux, ces choses colorées qu'on aime à admirer sans jamais pouvoir leur donner un nom !
A Furnace Creek, tout est plus cher, comme si les marchandises venaient toujours en chariots tirés par des mules ! L'un des hôtels est un établissement de luxe où, malgré le prix des chambres, il faut réserver plusieurs semaines à l'avance. L'autre, Furnace Creek Ranch, est plus abordable, mais en saison et le week-end, prenez aussi la précaution de réserver. En cas de pénurie, vous pourrez vous rabattre sur Stovepipe Wells, mais la situation risque d'être la même : la Vallée de la Mort attire beaucoup de monde ! Plus occidental, Panamint Springs a quelques chambres, mais est à plus de quatre-vingt kilomètres de Furnace Creek. Dans le pire des cas, rabattez vous, à l'ouest, sur Lone Pine, ou sur Beatty à l'est.
Après Furnace Creek, la route se divise : vous pouvez continuer dans la vallée ou prendre la route de la montagne. Sur cette dernière, le premier arrêt est Zabriskie Point : la terre à dominante jaune, marbrée de strates sombres, est creusée d'une série de ravines que domine une aiguille, Manly Beacon. Au nord, une couche plus dure, rouge sombre, nommée la "Cathédrale Rouge", couvre le sol tendre et forme une cuesta. Pour l'éclairage, mieux vaut être ici au lever du soleil.

De Zabriskie Point, Manly Beacon, les roubines et Red Cathedral (02/02)
Si l'on a deux ou trois heures devant soi, on peut aller à Zabriskie Point à pied, en remontant Golden Canyon depuis la vallée. Mieux vaut faire cette marche en hiver, à cause de la chaleur. Comme il faut revenir à la voiture, voir les deux sites séparément fera gagner quelques heures. Il y eut une route goudronnée dans le canyon, jusqu'à ce qu'un déluge l'emporte. On voit encore les marches formées par ce qui reste du revêtement, qui avait bien quatre pouces d'épaisseur. On voit aussi, sur les parois, l'épais placard de boue laissé par l'eau, jusqu'à plus de deux mètres de haut : décidément, les déserts sont toujours surprenants !
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Manly Beacon et Red Cathedral, vues de Golden Canyon (02/02) |
Golden Canyon s'ouvre sur les bassins (02/02) |

Ce plan incliné couvert d'ondulation est la plage de vase d'un ancien lac, figée, que les mouvements du terrain ont fait basculer sans la briser (02/02)
Après Zabriskie Point, la route bifurque. Vers le sud, une branche en cul-de-sac permet d'atteindre la crête des Black Mountains, à l'aplomb de Badwater, le point le plus bas des Etats-Unis. Etroits et sinueux, les derniers kilomètres sont interdits aux mobile homes et aux grandes caravanes, qui ne pourraient y croiser. Depuis le parking, un sentier court sur la crête, assez pentu pour en rebuter quelques uns : les marcheurs se retrouveront vite en pleine Nature, loin du bruit. "Climat désertique" ne signifie pas toujours "chaleur torride", et Dante's View se trouve à près de 1700 mètres. Le vent du matin peut être frisquet : emmenez votre petite laine ! Le belvédère est à une quarantaine de kilomètres de Furnace Creek; la route s'arrête sur la montagne, où il faut faire demi-tour : l'excursion prend donc environ deux heures.
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Depuis Dante's View au lever du jour (02/02) |
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| Les trois bassins de sel : à gauche, Middle Basin et, Badwater au nord, Cottonball | Le réveil des corbeaux au-dessus de Badwater |
Revenons dans la vallée. Au sud de Golden Canyon, juste au bord de la route, le vent a sculpté un bloc de basalte, à qui on a donné le nom de Mushroom Rock : le Champignon. Il doit peser une tonne ou deux, et se maintient encore au sommet d'une lame, qu'amincit chaque année. Combien de temps, encore ?

Mushroom Rock (02/02)
Plus spectaculaire, Artists Drive vous emmène à flanc de montagne vers Artists Palette, une zone de ravines et de cônes de déjection où les couleurs sont si variées, du vert au rouge sombre, qu'elles ont fait penser à la palette d'un peintre. La petite route est à sens unique, et il faut aller chercher l'entrée quelques kilomètres au sud de la sortie. Le meilleur moment pour s'y rendre est en fin de journée, lorsque le soleil couchant donne aux couleurs une teinte chaude.
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Artists Drive (02/02) |
Artists Palette (02/02) |
Dernière étape avant les sorties sud : le bassin de sel de Badwater, le plus étendu. De Dante's View, il était d'un beau blanc uniforme mais l'approche donne une toute autre impression : entre sel et terre, voici le Terrain de Golf du Diable, Devil's Golf Course ! Le sel, en séchant, s'est recroquevillé en grosses mottes, en aiguilles, en creux, en plages brillantes, en cuvettes ... Des fissures courent partout entre les mottes. Lorsque suffisamment d'eau envahit la vallée, la surface du sel fond et se lisse. Puis, la sécheresse revient et une nouvelle étendue raboteuse s'installe.
La croûte de sel atteint, au plus épais, un mètre quatre-vingt. Ce sol rugueux, brisé, la vase mêlée au sel, donnent l'impression d'un champ labouré. Mais le sol est ferme. Ce terrain n'engage pas à la promenade, et la plupart des visiteurs restent à proximité de leur voiture. Ne faites pas comme eux, éloignez-vous du parking : moins le sol aura été piétiné et plus vous aurez des chances de faire des découvertes intéressantes.
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Devil's Golf Course (02/02) |
Les cristaux de sel (02/02) |
A Badwater, le sel est immaculé, même de près! L'eau s'accumule dans une ou deux mares, au pied de la route. On les croirait invivables mais des insectes grouillent dans cette eau saumâtre. Au flanc de la montagne, bien au-dessus des hommes, un panneau signale : "Sea level".
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Badwater (06/94 - 02/02) Sur la photo de gauche, blanc au-dessus des voitures, le panneau qui indique le niveau de la mer |
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Vers le sud, vous sortirez du parc, sur le goudron par Salsberry Pass, ou bien par une piste pour 4x4, en direction de Baker. Vous pouvez aussi, 43 km au sud de Badwater, prendre une route de terre qui remonte vers Furnace Creek, le long du versant occidental. Hormis les ruines d'une seconde usine de borax, elle vous fera découvrir Death Valley sous un autre angle, plus sauvage, plus proche de celui sous lequel la virent Manly et ses compagnons de route.
Si vous allez vers Los Angeles, vous pouvez vous faire un dernier plaisir : au lieu de faire le long détour par Lone Pine, ou de rejoindre l'autoroute à Baker, prenez, quelques miles à l'ouest de Stovepipe Wells, la route d'Emigrant Pass. Elle traverse la montagne et raccourcit notablement la distance. Un chemin de terre, normalement passable en voiture ordinaire, conduit à Aguereberry Point : c'est un peu le pendant de Dante's View, versant ouest. En fin d'après-midi, la vue sur la vallée est superbe ! Vous devrez rouler jusqu'à Ridgecrest pour trouver un motel, et longer le lit de l'antique lac Searles, où se trouvent une usine moderne d'exploitation du bore et le champ d'énormes concrétions de Trona Pinnacles.

D'Aguereberry Point, Middle Basin (06/02)
La légende est fondée. Death Valley détient, après la Lybie, le record mondial de température : 57° Celsius à l'ombre, en 1913. En souvenir, les habitants de Baker, un village proche dans le désert Mojave, ont érigé un thermomètre commémoratif aussi haut en pieds qu'il a fait chaud en degrés Fahrenheit : une colonne de 40,70 mètres. On a, depuis, relevé sur le sol de la vallée des températures atteignant 88°Celsius.

Le plus long thermomètre du monde : 134 pieds. C'est en Californie ! (09/01)
Pluie ou neige, la Vallée de la Mort ne reçoit en moyenne que 40 mm d'eau par an. Des mesures ont montré que, s'il y avait suffisamment d'eau, l'évaporation y atteindrait 3 mètres à 3.80, presque cent fois plus : le taux d'humidité peut descendre jusqu'à 3%! Plus de 1400 km² du parc national sont au-dessous du niveau de la mer, enserrés entre les chaînes de montagne, et bien qu'on soit géographiquement dans la désert Mojave, les conditions de ce bassin fermé sont bien plus difficiles.
Ne serait-ce qu'à cause des distances, une vraie visite de Death Valley demande du temps. Pour comble de tout, le soleil traverse le parc dans sa largeur et l'éclairage favorise un endroit ou l'autre selon l'heure, en se moquant des kilomètres qu'il vous faut parcourir. Au premier abord, la Vallée de la Mort n'est pas aussi spectaculaire que le Grand Canyon, Arches ou même Saguaro, et on risque d'en manquer la substance si l'on en méconnaît la taille.
Temps minimum : 1 journée
Site officiel du parc : www.nps.gov/deva/.
La carte du parc sur le site officiel.
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© et crédit photos : America dreamZ.
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