Anza - Borrego Desert State Park


Situation


Borrego, en espagnol, c'est le mouflon. Juan Bautista de Anza est le fondateur de San Francisco. Il a donné son nom à une section de désert ; le mouflon a donné le sien a une vallée, celle d'un ruisseau qui court quelques kilomètres entre des sources et l'étang où il se termine. La plaine où coule la Borrego fut, de toute éternité, un lieu de passage pour les indiens, les explorateurs, les diligences, jusqu'à la construction des autoroutes.

Borrego Springs et la plaine de la Borrego

Borrego Springs et la plaine de la Borrego (02/02)

Le parc couvre une grande portion du désert du Colorado et des parties des chaînes des Santa Rosa, San Ysidro, Vallecito et Jacumba. L'ensemble s'étend sur deux mille quatre cent kilomètres carrés.

San Ysidro Peak

Derrière le parking du Visitor Center, San Ysidro Peak (02/02)

Le "Visitor Center" est tout proche de Borrego Springs, un village enclavé dans le parc, qui paraît soudain d'autant plus sympathique qu'on y voit les premières frondaisons, signe d'un peu de fraîcheur naturelle après une longue route dans le désert. A l'avant du bâtiment, un grand parterre de plantes du désert vous offre un aperçu, mais le véritable Jardin du Désert se trouve au nord du village, à Ocotillo Flats.

Le parc régional s'étend vers l'est presque jusqu'à Salton Sea. Au sud il va pratiquement jusqu'à la frontière mexicaine. A l'ouest, il entre dans les montagnes San Ysidro et, au nord, dans les Santa Rosa. Santa Rosa comme San Ysidro sont les versants orientaux des Peninsular Ranges, le prolongement méridional de la Sierra Nevada. A l'est, abruptes et sous le vent, les pentes sont couvertes de chaos granitiques et de plantes basses, souvent épineuses. Dans les vallées occidentales, qu'un peu de pluie atteint depuis le Pacifique, les arbres sont plus communs.

Un panneau, sur la R22, signale : "Ils vous voient". Les mouflons vous voient. Ils sont peut-être là, perchés sur les blocs rocheux, confondus dans les jaunes et les gris de la terre : si leur silhouette ne se dessine pas sur le ciel, vous avez peu de chances de les repérer. Peut-être qu'avec des jumelles et beaucoup de patience...

les chaos granitiques des San Ysidro les chaos granitiques des San Ysidro

les chaos granitiques des San Ysidro (02/02)

A l'est, après un long chemin de bassin en bassin, la route descend brusquement vers le bassin de Salton. La pente court dans Borrego Badlands, un terrain nu entaillé d'un lacis de ravines. Il était autrefois (il y a très longtemps !) au bord du Colorado, dont il recevait les sédiments, et les "Badlands" sont une véritable mine de fossiles. On y trouve les ossements de chameaux, de chevaux antiques, d'ours et de paresseux géants. Beaucoup de ces squelettes sont exposés au Musée d'Histoire Naturelle du Comté de Los Angeles. Au sud de la route, l'eau a creusé dans les terres grises un canyon tortueux, aux flancs ornés de nuances rouges, qui évoque irrémédiablement le jeu de cache-cache de Clint Eastwood et de ses poursuivants dans "Pour une poignée de dollars".

Les Badlands Les Badlands

Les Badlands (02/02)

Les "Badlands" ont une beauté farouche. Quelques mobile homes campent sur un terre-plein, peut-être pour profiter des lumières du couchant, ou du matin suivant. S'ils sont là pour les fossiles, ce n'est qu'au titre de scientifiques : les récolter dans l'enceinte du parc est interdit.

Vers le sud, sur la S3 puis la Ca 78, vous trouverez, après Yaqui Pass, le camping de Tamarisk Grove. A Yaqui Well, en remontant Grapevine Canyon, vivent des colibris. D'autres pistes, certaines destinées aux randonneurs, d'autres praticables en 4x4 et en VTT, mènent dans l'arrière-pays.

Pour rester dans le parc, il faut obliquer sur la route S2 : pour une bonne partie, elle emprunte la route des émigrants de Californie lorsqu'ils venaient du sud, et des diligences Butterfield. Le camping de Moutain Palm Springs est dans une oasis, où les palmiers poussent naturellement. Plus au sud, la S2 offre une vue sur les badlands de Carrizo, qui prolongent ceux de Borrego. A l'ouest de la route, avec un bon 4x4 ou après une longue marche, vous pourrez admirer les ouvrages d'art du San Diego and Arizona Eastern Railway, construit entre 1908 et 1919. Malgré le coût élevé d'entretien de la voirie dans ce terrain propice au ravinement, le train transportait encore du fret de San Diego à El Centro en l'an 2000. Dans l'enceinte du parc, il passe par la gorge de Carrizo, sur de traditionnels viaducs de bois.

Aucune route ne mène vers le nord-ouest : seule une piste en cul-de-sac s'enfonce dans la montagne, où elle rencontre quelques oasis, après le Jardin du Désert.

Le bassin de Clark Dry Lake   Les épines de la cholla sauteuse

Le bassin de Clark Dry Lake (02/02)

Les épines de la cholla sauteuse (02/02)

Au nord-est, les Santa Rosa dominent la vallée de la Borrego de plus de 2600 mètres. Aucune route n'y pénètre. Il n'y a pas non plus de camping, ni même de piste entretenue. C'est ici que se trouve la plus importante population de mouflons, mais là aussi, arriver à les voir demande beaucoup d'efforts et de patience.

Depuis la Ca 78, à l'est du parc, une route prend vers le sud et le camping de Fish Creek. La région est connue pour ses canyons tortueux et une plante rare : l'arbre-éléphant, dont le tronc gris et les petites feuilles ovales font un peu penser à l'acacia. On ne le trouve que dans certaines zones de l'Arizona et du sud de la Californie.

En été, la température peut dépasser 50°C à l'ombre. En moyenne, le parc reçoit dix-sept centimètres d'eau par an ; certaines années, il ne pleut pas du tout ! A l'inverse, en 1976, un ouragan amena plus de 12 centimètres d'eau en un mois : sur ces terres nues, les dégâts causés par l'érosion furent considérables. Si vous projetez de vous enfoncer dans les profondeurs du parc, à pied et même en voiture, informez les rangers de vos intentions. Ne vous voyant pas revenir, ils se mettront à votre recherche. Emportez toujours beaucoup d'eau : en été, 3 à 4 litres par personne et par jour ne seront pas de trop, si vous tombez en panne, ou simplement si vous partez pour une longue balade. Portez un couvre-chef et, le cas échéant, enduisez vous d'ambre solaire.

Anza-Borrego est un parc immense où il faut prendre son temps. Lorsqu'on est dans l'Ouest pour un voyage toujours trop court, il est difficile d'en profiter pleinement, mais si votre route vous conduit dans la région, autant le traverser plutôt que de rester sur les autoroutes. Mars et avril seront des mois privilégiés : la chaleur n'est pas encore trop brutale, et c'est l'époque où éclosent les fleurs du désert. Comme dans les autres parcs, il est interdit de les cueillir. Pour une petite fleur, direz-vous ? Mais si les 650 000 visiteurs qui viennent chaque année s'y mettaient tous, il n'en resterait bientôt plus. Le désert est fragile : regardez, admirez, photographiez, mais ne détruisez pas.


Temps minimum : plutôt à traverser qu'à visiter. Celui des kilomètres


Site officiel du parc : http://www.anzaborrego.statepark.org

Natural History Museum of Los Angeles County : http://www.nhm.org

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