Les Chaînes de la Péninsule, larges de 50 à 160 kilomètres, faites de granites de même nature que ceux de la Sierra Nevada, la prolongent jusqu'à la pointe de la Californie mexicaine, la "Baja California". Ce sont deux séries parallèles de plutons issus des profondeurs de la terre entre 125 et 90 millions d'années, lors de la subduction de la plaque de Farallon. Dans la végétation clairsemée, ce granite apparaît un peu partout en chaos de gros rochers clairs.

Les chaos granitiques des Peninsular Ranges (02/02)
Il fallut 100 millions d'années pour laver la dizaine de kilomètres de roche qui couvrait les batholites. Certaines subsistent, métamorphisées en schistes ou en marbre. A proximité de la côte, on trouve aussi d'anciens volcans.
Qui dit granite dit quartz, et qui dit quartz dit parfois or : on en trouva en 1869, une centaine de kilomètres au nord-est de San Diego ! Les mines de Julian naquirent de ces gisements, dont l'exploitation, pendant une dizaine d'années, contribua au développement de la région. Les mines d'or sont fermées, mais Julian est toujours un pittoresque village de montagne, où les habitants de la côte viennent chercher un peu de fraîcheur. Cette zone est également riche en pierres précieuses, et plusieurs mines de tourmalines restent très actives.
Les Peninsular Ranges, plus basses que la Sierra Nevada, culminent à 3302 mètres, au pic San Jacinto. Elles font un écran très efficace entre océan et terres intérieures : l'extrême aridité du Désert du Colorado en est témoin ! Entre les Santa Ana, au bord du Pacifique, et les San Jacinto un bassin semi-aride ne doit son peu d'humidité qu'à quelques ruisseaux de montagne et à l'eau "importée" de la Sierra Nevada : c'est là, dans le lac de Perris, que se termine le réseau des canaux de Californie.

Le lac Elsinore, depuis le flanc oriental des Santa Ana. Au fond, les montagnes Santa Rosa (02/02)
Les versants occidentaux sont en pente douce. A l'est, ils s'abattent brutalement vers la plaine. Au nord du lac Elsinore, entre les Interstates 15 et 5, la Ca 74 met cette topographie en évidence : en quelques lacets du versant oriental, on est au col. Sur le flanc ouest, la descente vers la jolie ville de San Juan Capistrano et son ancienne mission dure trois ou quatre fois plus.

Le versant oriental des Santa Ana. De la route en lacets, on a de très jolies vues sur le lac Elsinore, le bassin et les montagnes de San Jacinto (02/02)
Même l'autoroute I 8 ne parvient pas à éviter quelques virages brutaux dans la descente des Jacumba Mountains vers le Désert du Colorado. Cinquante kilomètres au nord, les Santa Rosa, quasiment dépourvues de routes, ont la réputation d'être les plus sauvages du sud de la Californie : mouflon et puma y vivent toujours.

Coucher de soleil sur les Peninsular, entre Santa Rosa et San Jacinto Mountains (02/02)
A l'est les versants ne portent au mieux qu'un maquis où dominent ocotillos, chollas et autres épineux. Les pentes occidentales, plus arrosées, portent chênes et sapins dès que l'altitude est suffisante. Aux cols, le changement de végétation est brutal, sans transition.
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Borrego Pass : cactus et chaos (02/02) |
Le State Park de Cuyamaca Rancho dans les montagnes du même nom, 80 km au nord-est de San Diego (02/03) |
La population de ces montagnes est faible. Plusieurs tribus y ont leur réserve : elles trouvent leur subsistance dans des casinos, agréable revanche pour les anciens esclaves des Espagnols, méprisés et spoliés par les Américains au XIXme siècle. Elevage et tourisme font le reste de l'activité.
© et crédit photos : America dreamZ.
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