Avec 404 800 km2 (73% de la France métropolitaine), la Californie arrive en troisième position des Etats-Unis pour la surface. Longue de 1 250 kilomètres, baignée sur 2 000 kilomètres de côtes par l'océan Pacifique, elle combine déserts et zone très arrosées, déterminées principalement par la forme et l'emplacement de ses reliefs. Directement soumise aux effets de la dérive des continents, elle est le siège de séismes incessants et possède des volcans actifs.
Elle a la réputation d'être un paradis pour les géologues. Le chemin de cet éden est pavé d'embûches : les successions rapides de séquences minérales d'origines variées, les failles, les épanchements volcaniques, les mélanges de roches d'époques et de provenances très différentes sont le lot commun des chercheurs et seule l'accumulation d'enquêtes innombrables a permis de reconstituer l'Histoire de cette partie du continent.
Riche de l'accrétion de plusieurs archipels, de la subduction de la plaque de Farallon pendant près de 200 millions d'années, perpétuée, au nord du cap Mendocino, par celle de la microplaque de Juan de Fuca, du début d'ouverture, il y a 20 millions d'années, de la faille de San Andreas, cette vie de la Terre est source d'une topographie extrêmement variée, bien plus complexe que celle de beaucoup d'autres Etats.
Certaines roches étaient déjà là il y a 1,2 milliard d'années. Ailleurs, des laves n'ont pas plus de 600 ans. La dernière éruption volcanique notable date de 1915. Les tremblements de terre sont quotidiens, même si la plupart sont de trop faible intensité pour être ressentis par l'homme.
Au nord-ouest, les deux tiers de l'Etat sont formés d'une cuvette entourée de montagnes : Coast Ranges à l'ouest, Klamath Mountains et South Cascades au nord, Sierra Nevada à l'est et Transverse Ranges au sud encadrent la Vallée Centrale.
Dans le tiers méridional, entrecoupées de bassins, les Peninsular Ranges occupent environ la moitié du territoire. L'autre partie est constituée de zones arides du Basin & Range : déserts du Colorado et Mohave. A l'est de la Sierra Nevada, les régions désertiques se prolongent vers le nord jusqu'à la frontière de l'Oregon. Enclavé entre désert et Chaîne des Cascades, le Plateau des Modocs est formé d'épanchements volcaniques.
La Californie possède en même temps le point le plus bas et le point le plus élevé des Etats "contigus" : le Mont Whitney, dans la Sierra Nevada, culmine à 4406 mètres. Une centaine de kilomètres au sud-est, Badwater, dans la Vallée de la Mort, est à - 86 mètres ! Dans le Désert du Colorado, l'altitude au fond de Salton Sea n'est que deux mètres plus élevée, et les automobilistes rencontrent régulièrement un panneau peu courant : "Altitude 0". Le fond de la Vallée Centrale est proche du niveau de la mer. L'ensemble porte l'altitude moyenne de l'Etat à 880 mètres : à titre de comparaison, celle de la France métropolitaine est de 342 ; le Massif Central est à 700 mètres et le département de Haute Savoie, bien loin de la Méditerranée, à 1160.
Lorsqu'il est question de séisme, la faille de San Andreas est souvent à l'honneur : la plus longue, la plus directement liée au mouvement des plaques, elle est l'emblème de tout un réseau dont les lignes, plus ou moins actives, découpent la Californie en segments capables de s'ajuster les uns aux autres, à la verticale comme à l'horizontale. Toutes ces failles, bien sur, ne sont pas des fentes ouvertes dans la croûte terrestre, même si le phénomène peut se produire lors de séismes, mais des zones plus ou moins larges dotées de multiples plans de glissement. Toutes ne sont pas actives : la plupart de ces zones sont soudées sur leur plus grande longueur, et aucun mouvement régulier n'a lieu. Cependant, dans certaines sections, qualifiées de "rampantes", un déplacement relatif peut-être mesuré à intervalles réguliers. Les deux états peuvent coexister le long d'une même faille : c'est le cas de celle de San Andreas, "rampante" sur une petite longueur de sa partie centrale, soudée ailleurs.

Le réseau des principales failles en Californie
Montagnes et déserts occupent la plus grande partie du territoire californien. Une vingtaine de pourcents restent pour la Vallée Centrale et la bande côtière, seules zones où de grandes villes se soient installées: 62 % de la population vit entre San Diego et la région de San Francisco.
Ces barrières montagneuses successives ont une influence forte sur le climat et les intempéries : toutes les zones sous le vent des montagnes sont désertiques ou semi-arides. Les précipitations, pluie et neige, sont captées par les pentes occidentales, d'autant plus arrosées qu'elles sont plus hautes et plus proches de l'océan. La Sierra Nevada bat les records d'enneigement : on y a constaté jusqu'à 23 mètres de neige. Au nord, le record des précipitations appartient aux Klamath, avec 28 mètres, surtout composés de pluie. A 120 kilomètres du Pacifique et 80 du Golfe de Californie, le Désert du Colorado est l'un des plus secs des Etats-Unis.
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