Casa Grande Ruins National Monument

Apogée de la civilisation millénaire des Hohokam


Situation

Sur le sol lisse du désert, où ne poussent que quelques buissons espacés et, ici ou là, un cactus saguaro, les chevaux avancent au pas. Au loin, sur la plaine, se dresse une silhouette incongrue. Ni montagne, ni piton volcanique... Un rocher isolé ? Comment serait-il venu là, énorme sur le sol fin où chaque pas fait lever la poussière ? Plus on s'approche, plus la forme semble artificielle ! C'est la ruine d'une bâtisse, haute de plus de 10 mètres, imposante dans ces parages où les indiens vivent dans des huttes de branchages à peine plus hautes qu'eux.

Casa Grande

Hormis quelques chaînes abruptes, le sol est quasiment partout horizontal (05/07)

Eusebio Kino, le jésuite missionnaire, s'adresse aux Pimas :

- "Qui vivait là ? Comment les appelez vous ?"

Un geste évasif...

- "Ho ho kahm : tous finis..."

De cette réponse laconique, les archéologues feront le nom d'une civilisation disparue : celle des Hohokams.

L'expédition du père Kino a lieu en 1694 : Casa Grande, la Grande Maison, est abandonnée depuis plus de deux siècles. Ses murs sont faits de caliche, un ciment naturel de sable, boue et calcite, fréquent dans le Sud-Ouest américain. Humidifié, il gonfle avec assez de force pour fendre une dalle de béton armé, et cette propriété a contraint les constructeurs contemporains à adopter une technique particulière. Sec, il est assez dur pour ralentir l'érosion d'immenses étendues, comme le Llano Estacado. Ici, il gît quelques mètres sous la surface du sol : lorsqu'ils construisent la Grande Maison, les Hohokams en connaissent l'usage depuis 3 siècles au moins. Pour elle seule, dont les murs sans armature, épais à la base d'un mètre vingt, couvrent un rectangle de 18 mètres sur 12, ils en ont extrait 3000 tonnes, qu'il a fallu porter, empiler, lisser couche après couche. Heureusement, l'épaisseur des murs décroit au fur et à mesure qu'ils s'élèvent. Six cents poutres longues de 4 mètres soutiennent les quatre plafonds : ils sont allés les couper dans la montagne, à une centaine de kilomètres et les ont portées jusqu'ici, sans métaux, sans roue, sans animaux de trait. Ils ont construit un escalier intérieur, laissé ouvertes quelques fenêtres, et des portes pour faire communiquer les 11 pièces.

casa grande

Bâtie entre 1300 et 1350, la structure ressemble à un donjon, d'un étage plus haut que le corps principal dont il occupe le centre. Les murs font face aux points cardinaux (05/07)

Plusieurs ouvertures semblent inutiles. Trop petites pour éclairer, mal disposées pour ventiler, elles sont placées dans les quatre murs sans logique apparente... Il faut plusieurs mois pour comprendre que Casa Grande était un observatoire astronomique ! Au sommet de la tour intérieure, un trou percé dans le mur oriental, aux équinoxes, laisse passer les rayons du soleil levant droit vers l'orifice correspondant du mur occidental. Un autre trou du mur ouest, plus proche du sol, reçoit les rayons du soleil couchant au solstice d'été, lorsque nous fêtons notre Saint Jean ! Un quatrième se trouve dans l'axe de la lune tous les 18 ans, 7 mois et 10 jours, mais on en saisit moins l'utilité !

casa grande

On voit, au premier plan, deux orifices : l'un à l'aplomb des personnes, l'autre au-dessus de la porte. Sur le mur de la tour, dans l'ombre, on distingue la mire d'équinoxe (05/07)

Ce repérage précis des saisons rythmait les travaux agricoles, les fêtes, les cérémonies religieuses. Partout dans le monde, parfois même avant de découvrir l'élevage, on s'est intéressé à l'astronomie pour mesurer le temps, mais on aime à croire que, déjà, l'homme était fasciné par le mystère de ce qui l'entoure :

Une dizaine d'autres bâtiments, associés à la Grande Maison, étaient protégés par un mur de 127 mètres sur 79. Un second ensemble de constructions, elles aussi derrière une enceinte, se trouvait quelques centaines de mètres au nord. Tout autour, de nombreux vestiges d'habitations, places, murs, cimetières et tumuli montrent que les deux enclos étaient au centre d'une grande ville. Large de 6 à 8 mètres, profond de 3, un canal passait au nord-ouest puis tournait vers le sud, pour rendre ce qu'il lui restait d'eau à un affluent de la Gila. Le captage, situé plus de 60 kilomètres à l'est, alimentait quatre villages en amont de Casa Grande.

Du canal principal partaient en éventail des ramifications reliées par des fossés transversaux, entre lesquels poussaient maïs, courges, haricots, coton et tabac. Le débit était régulé par des étangs, des portes de clayonnage, des vannes sur les fossés. Là où c'était nécessaire, des rampes posées sur le fond haussaient le niveau de l'eau pour quelques mètres. Ce réseau demandait une attention constante, et un énorme travail de mise en oeuvre et d'entretien.

Les Pimas parlent de huit ou neuf villes comme celles-ci, que les Espagnols nomment Casas Grandes. Ce terme pourrait désigner de simples groupes de maisons, mais les archéologues ont identifié avec certitude deux autres tours. Celle de Casa Grande est la seule debout mais, à Pueblo Grande, l'une, encore visible à la fin du XIXme siècle, a disparu sous la ville de Phoenix. L'autre, quelques kilomètres à l'ouest, ne s'est pas conservée non plus. Peut-être une troisième dominait-elle une ville, plus bas en aval sur le même canal principal : chacune en aurait commandé un segment. Ces grands villages, dont la population dépassait 1000 personnes, entourés de fermes et de hameaux, étaient échelonnés de cinq en cinq kilomètres. Là où les fossés n'atteignaient pas, des puits compensaient. Sur le piémont des montagnes et le long d'affluents, on en restait au traditionnel captage des eaux de ruissellement.

Partout où l'irrigation est nécessaire, un maître de l'eau régule la part de chacun. Il faut aussi négocier l'allocation de chaque village, puis faire en sorte qu'elle soit respectée : on pense que les tours des Grandes Maisons servaient à surveiller les canaux. Dans chaque ville, isolés derrière un mur, quelques bâtiments sont associés à un tertre ou une tour, et semblent avoir servi surtout d'entrepôts de grain. A l'abri des regards, capables de mesurer le temps, maîtres de l'eau et des réserves de nourriture, les occupants des Grandes Maisons étaient la famille et les proches d'un cacique, chef temporel et spirituel de la communauté. Chaque ville avait le sien, et rien jusqu'ici n'indique que l'un d'entre eux ait régné sur les autres. Cet isolement derrière des murs, la construction des tours, sont l'aboutissement d'une civilisation vieille de plus d'un millénaire.

casa grande casa grande

Des murs "si lisses et brillants qu'ils ressemblent à des tables polies...", écrit l'un des premiers visiteurs. Il reste quelques traces de ce travail, et les touristes du XIXme siècle n'hésitaient pas à y signaler leur passage (05/07)

Quatre cents ans avant Jésus Christ, les prédécesseurs des Hohokams, que les archéologues nomment "Cochise Culture", pratiquaient une agriculture sommaire, connaissaient la poterie, s'ornaient de coquillages importés et enterraient leurs morts dans des cimetières.

pot

Pot de la Culture Cochise : on retrouve ces poignées en forme de grenouille dans le travail des Pueblos contemporains (11/06)

Dans le bassin de Phoenix, où s'assemblent la Gila et la Salt River, dès le 4me siècle de notre ère, la facture des poteries, des bijoux de turquoise et de coquillages, une agriculture de mieux en mieux maîtrisée, de plus en plus présente dans l'alimentation, signalent la naissance d'une civilisation distincte. Ces gens sont groupés en villages et, grâce à des murets de pierres et des fossés d'irrigation, canalisent l'eau de pluie pour la diriger vers leurs champs. Leurs maisons, les pithouses, partie creusées dans le sol, partie murs de branches jointoyées à la boue, sont couvertes d'un toit de broussaille et de terre. Autour de la grand place, des bâtiments plus grands, d'architecture similaire, ont probablement un usage collectif. Les distinctions sociales existent, mais n'apparaissent guère dans la vie matérielle.

La plupart incinèrent leurs morts mais, comme leurs prédécesseurs, certains sont encore inhumés dans la position du foetus. Les sépultures contiennent des poteries et, souvent, des jeux complets de statuettes d'argile, hommes, femmes, enfants, occupés aux tâches de la vie quotidienne.

pointes de flèche

Les pointes de flèche sont d'une extrême finesse. La lame évasée est probablement l'extrémité d'un bâton à fouir et le tore la masse qui lui donnait l'élan pour s'enfoncer dans le sol, la pierre taillée en V la pointe d'une houe (11/06)

Courge, mais, haricot et piments restent insuffisants : graines de mesquite, coeurs d'agave, boutons, fleurs et fruits de divers cactus entrent largement dans l'alimentation. La chasse, lièvres et lapins surtout, mais aussi, près des points d'eau, cervidés et pécaris, améliore l'ordinaire. Les relations commerciales s'étendent à de grandes distances : le coton, ouvré ou brut, est exporté. Coquillages, obsidienne, turquoise sont importés, ainsi que perroquets et aras du Guatemala. Leurs plumes colorées sont d'un attrait certain mais, surtout, habitants des forêts tropicales, ils sont symbole de pluie. L'ara est sacré : on l'achète, on l'élève, on le choie et on lui prend ses plumes pour les associer à la prière et aux vêtements religieux. Son culte subiste chez les Pueblos contemporains.

mesquite   saguaro

Le chaton du mesquite se transforme en gousse de graines comestibles. Cet arbre, capable d'aller chercher l'eau à une très grande profondeur, résiste à la salinité : une grande partie des graines retrouvée en provenaient. La nappe phréatique était beaucoup plus haute et, là où nous voyons un désert, ces arbres formaient une véritable forêt (05/07)


Bourgeons et fleur du saguaro : les fruits étaient gaulés puis mangés frais, séchés ou pressés. Leur jus était fermenté, ou cuit pour en faire un sirop (05/07)
oponce   agave

Une oponce chargée de fruits (09/98)

Une fois les feuilles tranchées, on fait rôtir les coeurs d'agave dans un grand four creusé dans le sol (05/07)

Huitième et neuvième siècles sont témoins des premiers grands changements. Elargis, les fossés deviennent de véritables canaux. Dans les villages, deux nouvelles structures apparaissent : des tumuli, accumulations de tout-venant de quelques mètres de diamètre et moins d'un mètre de haut, et les "ball-courts".

Un jeu de balle pratiqué par les Aztèques, fortement teinté de religion et de cosmogonie, est bien connu grâce à diverses représentations picturales et aux récits espagnols : par assimilation, les premiers archéologues du Sud-Ouest nommèrent ballcourts des enceintes ovales caractéristiques de la civilisation hohokame. Entourées de murs épais, sur lesquels on imagine que se tenaient les spectateurs, elles font penser à des stades. Deux balles de caoutchouc importé du Yucatan ont bien été découvertes, sans lien direct avec les ball-courts, mais aucun indice probant ne confirme l'existence de tels jeux. De plus en plus d'archéologues associent les ballcourts à la présence de marchés, destinés à échanger les marchandises des divers villages, à la production de plus en plus spécialisée. Le spectacle d'un beau match aurait-il provoqué chez ces paysans nonchalants une motivation suffisante pour se rendre au marché en plus grand nombre ? A l'opposé, certains affirment que le ballcourt était un simple réservoir d'eau. Vers l'an 1000, chaque ville a le sien, parfois plusieurs : le plus grand, à Snaketown, plus grande agglomération de lépoque, mesure 62 mètres de long, 32 de large, et son enceinte près de 5 mètres de haut !

A défaut de verre ou de métal, les Hohokams font ou importent des miroirs en mosaïque de pyrites polies collées sur une pierre plate. Un nouveau décor apparaît sur les poteries et la finesse des décorations atteint son apogée. Curiseusement, alors que les deux civilisations, éloignées de 500 kilomètres et très différentes, semblent se développer séparément, un phénomène identique se produit chez les Anasazis : nouvelle technique de poterie et, surtout, apparition des grandes kivas, où peuvent s'assembler tous les membres d'une communauté.

Une technique intrinsèque apparaît en bijouterie : la nacre d'un coquillage, en partie protégée par de la résine, est attaquée par un acide léger, à base de jus de fruit de saguaro fermenté. Souvent, le dessin obtenu est souligné par une teinte différente. On cultive l'amaranthe et on essaie de domestiquer l'orge et l'agave. Les pit-houses, autrefois dispersées, se groupent autour d'une cour commune et s'entourent d'un mur, comme si les membres d'un même clan, propriétaires de champs, s'associaient dans une même entreprise. Chaque groupe, éloigné des autres de plusieurs centaines de mètres, partage avec ses voisins cimetière, four et décharge publique. L'incinération est la pratique funéraire la plus courante. Des maisons plus grandes, des sépultures plus riches, montrent l'apparition d'une classe très aisée, peut-être enrichie dans le commerce lointain de l'obsidienne, des turquoises, des clochettes de cuivre moulé, des coquillages, des poteries. Le décor des céramiques locales, moins fin qu'autrefois, fait penser à une production en série : peut-être les artistes se sont-ils tournés vers des produits plus à la mode...

poteries   poteries

Deux générations de poteries : les deux du bas datent du Xme ou XIme siècle. Celle d'en-haut du XIIIme (05/07)

Les vases aux nuages flammés datent de la même époque que la Grande Maison (05/07)

Vers 1150, après deux siècles et demi de croissance démographique et d'expansion géographique considérable, le réseau des ball-courts, représentatif de la société hohokame, s'étend sur les vallées de la Santa Cruz, de la San Pedro, de la Verde, et jusqu'au nord de Flagstaff. Peut-être a-t-il été pour les habitants du bassin de Phoenix un moyen pour conserver le contrôle sur leurs colonies, toujours disposées à plus indépendance.

Soudain, leur construction cesse, sinon leur usage. Les tumuli, autrefois circulaires, deviennent carrés ou rectangulaires, de plus en plus nombreux, de plus en plus imposants et la plate-forme est renforcée de caliche. Pour les masquer au regard du commun des mortels, ils sont ceints d'un mur ou d'une palissade : bientôt, quelques constructions, habitations et entrepôts, apparaissent derrière ce mur.

casa grande   casa grande

Le rez-de-chaussée était comblé, mais la maison n'était pas posée dessus, comme d'autres sur un tertre (05/07)

Font et Garcès, les franciscains en route pour fonder San Francisco, nommèrent ces murs du 1er plan "chateau ou tour de guet" (05/07)

Jusqu'ici, malgré d'évidents contacts avec les civilisations plus avancées du Mexique, le progrès technique a été surtout fruit de l'évolution : au XIIme siècle, un apport étranger devient manifeste. C'est l'époque où les Anasazis quittent Chaco Canyon : techniques nouvelles, croyances et coutumes arrivent avec eux dans la vallée de la Salt. Certaines formes d'artisanat se résorbent ou disparaissent : les pointes de flèche si fines, les palettes de fard, les figurines. La culture et la transformation du coton, probablement pour l'exportation, croissent au détriment d'autres plantes, remplacées dans l'alimentation par l'agave, moins avide d'eau. A la même époque, toutes les colonies se replient vers les rives de la Salt et de la Gila où des villages, des villes entières sont abandonnés, y compris Snaketown, pourtant à son apogée. D'autres agglomérations naissent, souvent proches, entourées d'une enceinte. Au XIIIme siècle, chassés par la sécheresse, les habitants du Bassin de Wupatki s'implantent dans la moyenne vallée de la Verde. Le nombre d'inhumations, allongé tête vers l'est, croit visiblement, même si les cendres des défunts, le plus souvent enterrées dans un urne, restent prépondérantes : un mélange de populations s'est produit, que les nouveaux arrivants soient venus du nord, ou de l'amont

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vase hohokam   lézard

Sur ce vase hohokam, main dans la main, alternés un par un, dansent des personnages aux coiffures différentes, comme pour représenter la collaboration de cultures d'origines différentes, une nouvelle forme de solidarité sociale.

(Arizona State Museum, Tucson)

Des lézards comme celui-ci, le crapaud à cornes des Américains, ont souvent décoré les poteries jusqu'à cette période. Soudain, lézard, serpent, oiseaux aquatiques sont remplacés par des grenouilles ou un rapace (05/07)

Le réseau des canaux, agrandi, rationalisé pour en accroître la productivité, permet de nourrir cette population accrue : les plus larges dépassent vingt mètres, et la longueur cumulée des axes principaux atteindra 800 kilomètres ! Après 1300, les pit-houses sont remplacées par des constructions de surface, en pisé armé de rondins ou de galets, puis, de plus en plus, en caliche.

casa grande

Quand on n'a que la boue... (05/07)

Les tertres, souvent de simples tas de déchets dont on avait aplani et renforcé la surface en la couvrant de caliche, sont maintenant retenus par un mur, parfois même un réseau de cloisons en nid d'abeille, pour mieux en retenir la terre. On creuse pour en bâtir de nouveaux de toutes pièces. Certains atteignent deux mètres de haut, et trente de long. Des bâtiments se sont installés sur la plate-forme avec leurs habitants. Dans un nombre réduit de tombes, dont certaines sont assez élaborées pour qu'on leur donne le nom de sarcophage, des hommes, des femmes et des enfants gisent avec de coûteux bijoux à l'effigie des animaux sacrés : des familles ont pris le pouvoir aux confréries qui le détenaient jusque là.

Alors que la sécheresse vient de vider Mesa Verde, Keet Seel, Betatakin et toute la région de Monument Valley, les premières années du XVIme siècle voient construire les tours de plusieurs étages, comme celle de Casa Grande. Il faut pour cela des équipes d'ouvriers organisées, et la domination de quelques-uns : une légende pima raconte que la Grande Maison fut construite par un étranger arrivé depuis peu, un homme au caractère dur et aux manières brûtales, maître du Vent et des Nuages d'orage, qu'ils nomment Bitter Man, l'Homme cruel. Des astronomes venus du nord ont-ils réussi à s'imposer aux maîtres des canaux ?

Cette société hierarchisé s'effondre brutalement après 1350. On n'extrait plus de caliche : on se contente de boue armée de rondins. Les maisons s'installent de nouveau en groupe autour d'une cour de travail, sans respect pour des constructions plus anciennes, sur lesquelles elles empiètent parfois. Les grands canaux ne sont plus entretenus et, pendant le siècle qui suit, on voit réapparaître des traits anciens, comme l'inhumation dans la position du foetus.

Une étude du régime de la Salt River a montré l'existence de deux crues catastrophiques, en 899 et 1356. La première coïncide avec le début de l'expansion territoriale : les canaux, relativement petits, avaient-ils été détériorés au point d'obliger des populations entières à émigrer ? Les 350 années suivantes n'échappent pas à quelques crues violentes, mais laissent le temps de rénover, agrandir, perfectionner le réseau d'irrigation. La crue de 1356 ne se contente pas d'emporter les vannes et d'envaser les chenaux : elle élargit considérablement le lit des rivières et semble avoir détruit une bonne longueur des digues qui séparent les canaux du courant juste après le captage. Peut-être la topographie et l'outillage rudimentaire rendaient-ils impossible le creusement de nouvelles embouchures. Le pouvoir des caciques, fondé sur la prévision du temps et le contrôle de l'eau, n'aura résisté ni à de telles destructions, ni à cette manifestation de leur incompétence : peut-être le peuple s'est-il révolté...

La tradition orale des Pimas fait d'eux les descendants des maîtres des canaux : attaqués par des bandes venues de l'est, ils auraient été contraints à l'esclavage ou à la fuite. Leurs voisins Tohono O'odham racontent que leurs ancêtres auraient soumis les Hohokams. Lorsqu'arrivent les Espagnols, il ne trouvent que des bandes dispersées, dont ils estiment la population aux environs de 5 000 personnes. Les fouilles des archéologues permettent de l'établir entre 25 000 et 50 000, trois siècles plus tôt ! Que sont devenues ces quelques dizaines de milliers de gens ?

petroglyphes

Cet animal fait penser à un chien bien connu ! (05/07)

Sur la carte de l'Arizona, la ville de Casa Gande n'est pas celle où se trouve le parc : il est 30 kilomètres au nord-est, à côté de Coolidge. Au nord du parking, le deuxième groupe de bâtiment est fermé au public, mais on aperçoit le ball-court du XIme siècle, simple dépression ovale aux bords à peine marqués.

En bref :

Une tour de 10 mètres domine le désert. Alentour, des moignons de mur montrent qu'elle faisait partie d'une ville. Ces bâtiments ont environ 700 ans, et marquent l'apogée d'une civilisation disparue. Les indiens occupaient le Bassin de Phoenix, où ils avaient canalisé les deux grands cours d'eau du désert de la Sonora, la Gila et la Salt River.

Le Visitor Center, grâce aux poteries, aux bijoux, aux outils, montre l'évolution millénaire qui leur permit d'atteindre ce stade.

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Site officiel de Casa Grande : www.nps.gov/cagr

Temps minimum : 1h30 avec accès.

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